| Coloquinte's profileLe monde de ColoquintePhotosBlogLists | Help |
Metal-LuxÇa faisait plus de deux mois que j’avais mon billet et bien contente de l’avoir acheté dès que j’ai su la date, le concert a affiché complet très rapidement (je connais quelques copains qui ont bien regretté). Faut dire que l’affiche ne fait pas dans la dentelle : Children of Bodom + Machine Head + Slipknot. Autant dire du gros son bien brutal comme j’aime. Sauf que la veille, Machine Head a déclaré forfait pour raison médicale. Reste deux groupes pour 37 €…
Comme prévu, je me suis loupée dans un des derniers ronds-points, celui où il n’est indiqué nulle part « Rockhal » alors que c’était tout fléché jusque là : après la demi-heure de bouchon venant de France, je me suis offert le bouchon des luxembourgeois. Donc, je suis arrivée pile poil pour le début du concert.
Every time I die et un délire musical
Quant à Slipknot, toujours du show grandiose, ça bouge tout le temps sur scène. La batterie, tenue par Jésus himself, était surélevée au centre de la scène et les percussions (occupées par le clown et Pinocchio qui font ce qu'ils peuvent - et c'est peu - pour amuser la galerie) montées sur vérin de chaque côté. Le groupe démarre gentiment sur Iowa et attaque le concert par Surfacing. Côté son, chanteur parfait, batterie à fond sur la double pédale (limite ça cache la basse). Par contre, un poil déçue par les jeux de lumière – en dehors de ceux du début – que j'ai trouvé par moment trop simplistes : des bandes verticales de lumières rouges et bleues qui clignotent alternativement, ça m’a fait penser aux décors kitchs des vitrines de tuning pour bagnoles. Même les supermarchés font mieux à cette époque de Noël. Mais que dire de l'intermède digne d'une animation au camping des Flots Bleus : le chanteur a demandé à tout le monde de se mettre accroupi dans la salle. Certes, je ne vais pas me plaindre, j'ai pu voir enfin la scène dans son intégralité du haut de mon mètre soixante-six. Oui, je suis restée debout parce qu'une tronche en latex qui me demande de me mettre à ses pieds – en anglais en plus – je trouve que ça ne va pas dans le bon sens ! Je crois que le chanteur s'est bien éclaté avec ça : sur son ordre tout le monde a sauté sur place genre crapaud pendant quelques minutes pour finir par un Jacadi tout le monde debout ! Cela dit, vu de l'extérieur, c'était pas mal comme effet. À propos d'effet, pour le final, on a quitté le camping pour la foire foraine : la batterie s'est envolée à 4 m du sol (batteur inclus en train de jouer) et s'est mise à tourner penchée à 90°. Impressionnant du point de vue technique mais très moyen côté spectacle. Et terminer avec ça laisse un goût d’inachevé en sortant.
Bref, super démarrage du concert mais de moins en moins « dedans » au fur et à mesure pour terminer par une performance techniquement impressionnante mais décevante.
Nightwish à StrasbourgMitigé... C'est le sentiment que j'ai eu en sortant de ce concert.
Nightwish sans Tarja n'est plus tout à fait Nightwish. Anette, la nouvelle chanteuse, avec sa voix d'ado et ses fringues dignes d'une candidate de La Nouvelle Star ne me paraît pas à sa place. Pas question ici de nostalgie ou de comparatif (totalement impossible tant elles sont différentes), mais il faut bien reconnaître que le succès de Nightwish reposait - à mes yeux - essentiellement sur le chant lyrique. Il semble que le groupe ait choisi une autre voie avec cette autre voix. Sinon, le groupe a démarré avec des effets pyrotechniques impressionnants sur les deux premiers titres, fallait pas être trop proche de la scène ! Et rien à redire sur les musiciens, toujours aussi efficaces, tout comme les quelques prestations vocales de Marco qui me font craquer... La première partie a été assurée par le groupe suédois Pain : de l'énergie à revendre et leur musique vaut le détour, moi j'aime beaucoup ! Effets pyrotechniques disais-je...
Dans le cochon, tout est bon« On m’avait bien dit que les conversations de filles c’était trash, mais c’est encore pire que ce que je pensais ! » Le Corbeau
Nouvel an chinois. Lumières rouges, bougies et trois quadragénaires en robes chinoises : rouge pour la brune, noire pour la rousse et verte pour la blonde. Quand le copain est arrivé avec sa femme, le trio attaquait déjà la seconde bouteille de lotus – fruits de la passion. Les sujets bateaux (les comment ça va, qu’est-ce que tu deviens, et ton boulot, etc.) avaient été expédiés dans les premières minutes pour ne plus aborder que leur thème de prédilection : l’homme, de préférence jeune et endurant… Prudente, la brune n’avait pas osé amener avec elle son petit copain du moment. Ce n’est pas qu’elle ne soit pas prêteuse mais il est clair qu’il ne serait pas ressorti indemne de cette fête !
Comment résumer une telle soirée ? En laissant la parole au seul homme présent ce soir là : « On m'avait toujours dit "les nanas entre elles, c'est 10 fois plus trash que des mecs". Mouais... peut-être, on connaît parfois la dureté des femmes à l'encontre de la gente masculine mais là, je ne m'attendais quand même pas à ça ! Non, pas de vulgarité aucune, mais la libération sexuelle à coté, c'est de l'eau de rose ! Étonnant qu'il n'y en ait pas eu une pour cramer son soutif ! On m'a élevé dans l’idée que les femmes ne se livraient pas facilement, qu'elles restaient pudiques et gardaient dans le secret une part de leur intimité qu'elles défendaient jalousement… Raté ! L’une explique qu'elle aime la soumission-domination, l'autre tenterait bien les boules de geisha, alors que la troisième me demande de lui réparer son sex toy... Soyons clair, moi je ne répare que les motos ! Néanmoins, j'en ai plus appris hier sur les femmes que l'on pourra nous en montrer de façon plus... explicite car, au bout d'un moment, elles ne pensaient plus avoir un homme parmi elles : je faisais partie du paysage... intéressant et troublant pour un mec ; normal en somme, le fossé creusé par nos éducations personnelles ne nous permettra pas de nous comprendre aussi facilement... »
Allez, c’est l’année du cochon, fallait bien fêter ça dignement !
Couture chez Paulette
– Excellent, ça fait longtemps que je n’avais pas eu autant de plaisir à un spectacle. Faut dire que c’était chez Paulette, tu sais, le pub-rock. C’est quand même incroyable cet endroit, il doit y avoir 500 habitants à tout casser dans ce patelin et ça fait plus de 30 ans qu’ils reçoivent des tas de groupes et pas des moindres ! Mais c’est ça qui est bien aussi, petite salle, pas trop de monde donc, genre concert privé. Cela dit, ça a commencé moyen. En première partie, on a eu droit à Sacha Toorop. Je ne sais pas qui est ce chanteur mais même à la Star Ac’ ils n’en auraient pas voulu. Une voix pas toujours juste, léger à la guitare, désagréable à l’harmonica et style débutant au piano. Et une coiffure à la Bernadette version homme. Au moins, ça a fait consommer des bières à ce moment là ! Parce qu’ensuite, quand Charlélie a démarré avec Follow the Line, je te garantis qu’on n’avait plus envie de s’en aller. Lunettes noires et barbichette blanche taillée en pointe, il a une présence sur scène. Et surtout, il sait transmettre des émotions à son public, faire partager ses impressions mélangées aux expressions. On a eu pas mal de titres de son dernier album New Yorcoeur : « Tous les hommes » (ne sont pas comme ça…), « Jamais assez » et puis sa nouvelle version de la Marseillaise… – Ah oui, je l’ai entendue à la radio, il l’a chantée en direct dans l’émission de Bouvard il n’y a pas longtemps. – Il a repris aussi quelques titres de son album Double Vue comme « Appel à l’aide » et « Tourne en rond ». Mais la salle a surtout été réactive avec « La ballade du mois d’août 75 » tu sais, celle qui commence par « On a loué une maison, pas très loin d’Avignon… ». Et puis, LE grand classique « Comme un Avion sans aile » (ou sans elle) la dernière après les rappels, c’était une intensité extraordinaire. Bon, je m’attendais à ce qu’il la chante moins « Couture », tu sais cette voix nasillarde très particulière, j’aurais préféré un peu plus comme ses dernières chansons, mais c’était presque pire ! Quoiqu’il en soit, il a des musiciens excellents et notamment un harmoniciste génial. Quand je ne comprenais pas les paroles, j’écoutais la musique. Et inversement. Un excellent concert, c’est sûr !
Fille troisième nous interrompt : – Dis mamie, c’est vrai qu’il habitait à côté de chez toi ? – Oui ! Il a vécu là quelques années. Je ne le voyais pas beaucoup mais il avait une femme charmante, très jolie et toujours souriante ! En tout cas, il n’était pas un voisin gênant, juste des allées et venues peut-être un peu plus fréquentes mais c’est tout. C’est dommage d’ailleurs, je n’ai pas entendu souvent sa musique. Je me souviens qu’un jour, en rentrant, j’ai vu ta tante assise sur les escaliers du jardin, elle m’a fait signe de faire silence. Il faisait beau, toutes les fenêtres étaient ouvertes et on l’entendait jouer du piano… on l’a écouté jusqu’au bout, c’était superbe. Sinon, on ne l’apercevait que lorsqu’il faisait des barbecues dans son jardin. Je crois que son père avait une boutique d’antiquité en vieille ville. – Et toi maman, tu l’as vu ? – Je n’habitais plus ici à ce moment là, mais je me souviens du petit chien très moche et très rigolo sur le balcon qui surveillait la rue, avec une grosse tache noire sur l’œil. – Ce n’était pas le chien de Charlélie mais celui de son frère, Tom Novembre. Il venait assez souvent d’ailleurs. – Mais tu es allée chez lui mamie ? – Non, je n’en ai pas eu l’occasion ! Par contre, j’ai discuté avec les nouveaux voisins lorsqu’ils ont repris sa maison… ils étaient assez surpris de la décoration du précédent propriétaire ! Tu vois les moulures qui sont au plafond du salon ? D’habitude, on les laisse toujours blanches mais Charlélie s’est amusé à les peindre. Les siennes représentaient des grappes de raisin. Alors il a fait les feuilles vertes, mais très vertes, et les grains de raisin mauves, mais très… enfin pas terrible quoi. Mais je crois que ce qui a le plus surpris les nouveaux voisins, c’était la salle de bain : tous les murs étaient complètement noirs ! Je suis allée voir une fois une de ses expositions de peinture. Bon, je ne saurais pas faire ce qu’il fait, mais je n’en voudrais pas pour chez moi. On a dit qu’il était parti parce que quelqu’un dans le quartier s’en était plaint. Il n’y avait vraiment aucune raison. Il vit aux États-unis maintenant non ? – Oui, à Manhattan. Mais en ce moment, il fait une tournée des petites salles. Fallait vraiment pas le louper !
PS : pour une autre vision, allez faire un tour chez celui sans qui je n'aurais jamais su que Charlélie était de passage ici et qui s'est déplacé exprès de Paris pour le voir : Carl !
C'est ton destinMes filles appellent ça une cocotte…
Non, je ne suis pas d’accord : une cocotte est sensée avoir la forme, très approximative, d’une poule. C’est le voisin d’en face, un vieux comptable, qui m’a appris à torturer un carré de papier dans tous les sens pour en faire cet assemblage de triangles, j’avais alors une douzaine d’années. J’ai, depuis, élevé des familles complètes de cocottes de toutes tailles durant les longues heures d’ennuis scolaires. Ma plus jolie réussite n’avait que 5 millimètres de haut en papier doré.
La cocotte, outre une saine occupation des mains, peut aussi servir de support d’étude, par exemple en analogie à la créaton de symboles normalisés dans les ateliers de fabrication et d’expédition : Dans quelle mesure la représentation symbolique concilie concision et clarté ? Lorsqu’on demande à un adulte de dessiner une cocotte, beaucoup commencent par tracer un angle aigu (le bec ?) puis s’arrêtent… Essayez donc pour voir ! (solution au fond de l'album blog) Parce que nous avons tous une lacune dans notre formation, nous éprouvons des difficultés à dessiner, même des formes simples, basiques.
Mais là n’est pas le sujet et revenons-en à la cocotte de mes filles. Il s’agit en fait d’une salière, jeu de hasard créé dans les années 50 ou 60 : sur la comptine « Sel ou poivre, combien en voulez-vous ? », le meneur et manipulateur de la « cocotte » en papier l’articule jusqu’au nombre demandé par le joueur. Et sur la comptine « Compère Lustucru, laquelle couleur veux-tu ? », on demande une couleur (4 possibilités). Le meneur découvre alors le vœu ou gage inscrit sous l’onglet de papier de la couleur demandée. Le joueur doit alors accepter le vœu ou le gage proposé.
Le contenu des messages peut varier : - Faire un tour à cloche-pied, - Aller tirer le vêtement de la maîtresse, - Faire une bise à…
Et quelques années plus tard : - Tous ceux qui portent du vert boivent 5 verres, - Descendre une bière cul sec, - Achever tous les verres des copains…
Bref, un petit jeu sympa, pas cher, indémodable et accessible à tous que j’ai ressorti à l’occasion du nouvel an chinois.
Pour tout dire, je cherchais des gâteaux de la chance histoire de finir le repas chinois avec un peu de traditionnel mais, à Auchan, ils ne font pas. Alors ce fut une salière façon dragon.
À ma question : « Est-ce que je serai riche un jour ? », la réponse fut nette et sans appel : « Non ». Bon, ben les filles, continuez à bien bosser à l’école, même pas la peine d'espérer compter sur l’héritage.
À la question d’une copine : « Le sexe est-il indispensable dans la vie ? », le dragon a répondu : « Tu le souhaites ! ». Suivi d’un Yeaaaahhhhh !!!! du petit copain concerné !
Mieux que les messages énigmatiques des gâteaux de la chance, non ?
Finalement, j’ai trouvé de ces gâteaux à message en pur virtuel (à défaut de pur beurre) : http://www.kutchuk.com/agenda/nouvelanchinois/gateauxdelachance.htm Il m’a sorti : « Un de tes amis t'en veut un peu en ce moment. ». Mettons. De deux choses l’une : soit je sais de qui il s’agit, auquel cas il ne m’apprend rien. Soit je ne sais pas, et me voilà plongée dans l’angoisse à me demander à qui j’ai bien pu faire du mal. Intéressant n’est-il pas ? Faut que j'aille voir mon horoscope chinois là...
L'anniversaireLa semaine dernière, autour de quelques bières, il m’avait lancé : « Finalement, mon anniversaire, on le fera chez toi ! ». Chez moi ? Heu… bon, soit… Il faut dire qu’au départ, il avait prévu de fêter ses 28 ans dans la cave de la maison parentale d’un copain. Un super lieu pour une fête gothique, sombre et voûtée à souhait. Mais bon, j’imagine que le père en question a eu une légère crainte pour ses bouteilles ! Rendez-vous est pris, sa copine viendra la veille pour m’aider à tout mettre en place.
Le samedi après-midi donc, le vieux scooter de sa copine s’arrête sur mon trottoir. Pleine d’énergie et d’enthousiasme la fille. Moi, après le repas, je prends déjà un café, voire deux, après on voit. Déjà que ça me court-circuite ma sieste… Le troisième café descendu, on attaque. D’abord virer toutes les affaires des enfants : des livres de classe, des pinces à cheveux, des chaussons, un gros nounours, quelques magazines, deux pipeaux, une trottinette, un peigne, une paire de tongs (je sais, c’est pas la saison, mais c’est là), des CD sans leur boîte et des boîtes sans leur CD, des crayons de couleurs, une interro d’anglais, du gel pour les cheveux, trois livres, un ballon, des chaussures, un porte-clé chien sans clé, des élastiques… Je me charge de tout déposer dans leurs chambres en trois allers-retours à l’étage. Pendant ce temps, la copine attaque manu militari le dépoussiérage. En passant, me fait remarquer que mes chiffons à poussières c’est du n’importe quoi. Je lui déniche un vieux bavoir (qui a donc au minimum huit ans d’existence dans mon panier à chiffons), ça fera l’affaire. Je me sens obligée de participer à la vague de propre. Je suggère de passer le balai, elle préfère nettement l’aspirateur. Heu… il est au deuxième étage celui-là… Mais je vais même le passer sous les canapés pour preuve de ma bonne volonté. De son côté, elle ne loupe pas un coin de meuble avec son chiffon. On sent qu’elle maîtrise la chose. Jusqu’à ouvrir les tiroirs pour débusquer la poussière sur les bords. En profite pour commenter leurs contenus. Toute la pièce sent le produit nettoyant. Ça change de la cigarette.
Cette première étape franchie, les petites tables basses se font virer de là, les cadres aussi dans le même élan. J’entraîne la copine au deuxième étage pour fouiner dans mes cartons d’halloween. On y déniche des tissus noirs, des têtes de mort, un miroir, un énorme rat et un corbeau, des bougies noires, un petit fouet, des photos de films d’horreur, des roses séchées, un être décharné, des ampoules de couleur et un cercueil grandeur nature. Armée d’un escabeau et d’une agrafeuse, je pose les premiers draps noirs sur le mur. Grimper, coincer le drap et l’agrafeuse d’une main, et balancer un coup de poing sur l’ensemble. Assez rapidement, je complète mon équipement par un gant de cuisine histoire d’amortir les coups. Ça fait style comme ça !
Un mur fait, une pause. J’en profite pour rafistoler, assise par terre et au ruban adhésif, le cercueil qui a bien servi à la dernière fête d’halloween. Et la copine pour papoter en me regardant faire. Tout d’un coup, une phrase m’interpelle : elle me demande si ça ne me saoule pas son bavardage. Ben non, ça fait un bruit de fond… Comme lorsque ma fille me raconte sa journée en rentrant. Toujours au minimum demi-heure de compte rendu détaillé. Je l’écoute plus ou moins. Plutôt moins que plus d’ailleurs, elle le sait. N’empêche que j’entends quand elle me balance des trucs comme « je suis enceinte » entre deux phrases… allez savoir pourquoi !
Je reprends agrafeuse et gant de cuisine. Deux murs de plus. Au dernier, je tente une impro. Pas de drap mais une espèce de tulle noir. Très long et pas assez large. J’y mets des plis. J’agrafe à tout va. Je redescends de l’escabeau. Constate. Je remonte. Réagrafe de plus belle. Pour finir, je vire le tout. Les agrafes éjectées volent dans la pièce. On ramassera plus tard. Peut-être. De toute façon, personne ne marchera pieds nus. La copine n’en est pas si sûre… va savoir ce qu’il peut se passer, c’est un anniversaire tout de même !
Reste encore quelques draps noirs. Dont un avec un beau trou au milieu, cerné par les coulures de bougie. Ça date d’il y a quatre ou cinq ans ça. Encore une fête d’halloween,
il recouvrait le téléviseur. Lorsque tout d’un coup, un des invités a hurlé « ça crame !!! ». Jolies flammes d’ailleurs… Pas de support pour la grosse bougie en forme de cercueil posée dessus, le tissu a pris feu, la télé un bon coup de chaud. On décide de fixer ce drap sur le dernier mur. Avec l'image en noir et blanc d’un tueur d’enfant derrière, on ne voit plus que sa tête chauve et son regard sardonique à travers le trou cerné de bougie blanche dégoulinante.
Trois clous au milieu d’un mur pour accrocher le miroir et une massue de chaque côté, quatre autres dans le mur opposé pour y mettre une grosse croix et trois chauves-souris, les photos extraites de films d’horreur pour compléter le tableau ; il ne me restera plus qu’à disposer la nappe de dentelle noire et les roses séchées demain. Ouf !
Il était temps de terminer, mon rendez-vous du soir vient juste d’arriver ! Heureusement qu’il était déjà venu prendre un café la semaine dernière, m’aurait pris pour une tordue à vivre dans un décor pareil ! La copine reprend son casque et son scooter pour préparer les gâteaux chez elle. Moi je trimbale mon copain jusqu’au supermarché pour y dégoter un verni à ongle noir et faire le plein de bières. Ça y est, j’arrête jusqu’à demain après-midi.
***
Soirée duo à la maison, tranquille. Faut dire que c’est un calme mon compagnon de ce samedi soir. Tout en douceurs et timidités. Pas comme sur sa moto ! C’est vrai que je ne l’encourage pas vraiment non plus. Me laisse juste faire. Sans jamais réellement approuver ni refuser. Il ne doit pas savoir sur quel pied danser. J’aime ses hésitations, ses petites tentatives. Il ne m’attire pas, mais sa gentillesse si. Surtout besoin de présence en ce moment. Je crois qu’il le sait. N’en demande pas plus. Ce n’est qu’au petit matin qu’il ose un peu plus. Une approche d’adolescent, juste une main craintive, qui met du temps à s’enhardir, qui n’a qu’un seul but. Et finit à la longue par l’atteindre. Et réveiller mes envies. Je profite de sa main, la guide, l’utilise, la prend, la consomme. J’aime ces moments où mes yeux fermés par le sommeil restent fermés pour le plaisir. Je me réserve quelques instants de bien être avant de le tirer sur moi. Pour lui donner ce qu’il veut même s’il ne le demande pas. Pour le sentir me désirer. Pour le remercier d’être là. Et se rendormir dans la sérénité des corps.
***
Premier coup de sonnette, premier invité. Mon copain est reparti à midi. J’ai tout juste fini de m’habiller pour la circonstance. Que du noir. Facile, c’est 80 % de mes vêtements. Collier de cuir. Verni violet sombre, il n’y avait pas de noir au supermarché, ce n’est probablement pas la saison. Maquillage épais. Mon verni n’est pas sec. Toujours aussi peu douée pour mettre ça moi ! Pas le temps d’y apporter les petites corrections. J’occupe mon unique invité en lui demandant d’allumer les petites bougies sur la cheminée. Cachées derrière des flacons remplis de gel coloré, l’effet est assez joli. De mon côté, j’allume les dix noires des deux chandeliers sur la
Enfin, mon copain motard arrive, avec sa copine chargée de gâteaux et un couple d’amis encombré de bouteilles. Tout beaux, tout en noir, tout maquillés ! J’informe que le dernier invité ne viendra pas pour cause d’angine ou quelque chose comme ça. Ah, zut, c’est lui qui devait apporter le champagne ! Bien joué… Je déniche une bouteille au fond de ma cave. Je l’avais retrouvée il y a quelques semaines. Je ne sais pas depuis quand elle est là, ni d’où elle me vient, je n’en achète que rarement. En tout cas, jamais pour stocker. Excellent champagne cela dit. Si je me rappelle qui me l’a laissée, je le remercierai. L’anniversaireux se charge du service. Et lève son verre en précisant qu’il a réuni autour de lui les amis auxquels il tient le plus. Ceux qui ont toujours été là pour lui. Quelles que soit les difficultés qu’il ait traversées. Ça fait chaud au cœur tout ça, pour tout le monde. Sa copine nous découpe des parts énormes de gâteau au chocolat. Les bouteilles s’entassent sur la table. Les verres s’amoncellent. Les assiettes s’empilent. Le tout sur fond de Nightwish. Au moment du départ, sur le pas de la porte, dans la nuit, il me serre fort contre lui pour me remercier. Il est heureux. J’aime quand il est heureux.
|
|
|