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    Darwinesque n'est-il pas ?

     

    On est un peu en avance. Sur un parking de petit supermarché, Fille Troisième et moi attendons dans la voiture que l’heure tourne. Très rapidement, elle me signale le jeune homme, là-haut, qui nettoie consciencieusement ses portes-fenêtres de balcon de l’autre côté de la rue. Les commentaires vont bon train :

    – Il y a encore une trace là !

    – Ça y est, il l'a vue.

    – Pas terrible son produit, ça laisse plein de marques.

    – Tu crois qu’il fait ça tous les jours ?

    – C’est un mec comme ça qu’il nous faudrait à la maison.

    – C’est sa copine qui va être contente. 

    – C’est sûr, ce n’est pas un boulot de fille.

    – Sans le t-shirt, ça serait sympa aussi !

    – Si ça se trouve, il est célibataire mais sa mère vient dîner ce soir.

    – Zut, il a fini. Les autres fenêtres aussi ?

    – Ah non, elles sont déjà faites.

    – Dommage…

     

    Les minutes s’égrènent doucement, on reporte notre attention sur les gens qui passent. Un vieux monsieur à chapeau, une baguette dans une main, un paquet de jambon préemballé dans l’autre :

    – Il vit seul celui-là.

    – Encore un adepte du jambon-beurre. Mais sans beurre.

     

    Puis une dame, guère plus chargée, avec une salade verte et des radis :

    – Celle-là aussi vit seule, c’est sûr.

    – Elle est peut-être au régime.

    – En tout cas, elle ne cuisine pas.

    – C’est triste les gens tous seuls.

     

    Petit moment de silence. Puis Fille Troisième sort de ses pensées en concluant :

    – Y en a qui n’ont pas de problème de contraception. Leur tête leur suffit !

     

    Pas très gentille sa réflexion mais tellement inattendue, j'ai éclaté de rire !

     

    Bon choix Madame

     

    Dans cette célèbre société de vente par correspondance, les télé-conseillères ont pour obligation de conclure chaque prise de commande téléphonique par un joyeux et sincère « Vous avez fait un très bon choix ! ».

     

    D’accord, c’est probablement très sympa à entendre quand on vient d’acheter un super petit ensemble ou une jolie paire de draps. Mais, dans leur gros catalogue, il y a également une belle collection de vibromasseurs. Que penser de ce « Vous avez fait un très bon choix Madame Martin ! » dans ce cas…

     

    Petite raillerie familiale

     

    Dans le lycée de Fille Troisième, tous les élèves en classe de seconde doivent choisir un thème d’engagement. Une approche du bénévolat, de l’aide à son prochain sans autre compensation que le plaisir de se rendre utile.

     

    Fille troisième a choisi de donner un peu de son temps auprès des personnes âgées. Ce en quoi je l’ai félicitée. Certes, il y aura des personnes très gentilles, d’autres plus grincheuses mais elle sera gratifiée de sourires et peut-être même de petits gâteaux.

     

    Elle est bien consciente de tout ça et me précise même :

    « Je sais que ce n’est pas toujours facile, il y en a qui ne voient plus beaucoup, d’autres qui sont sourds mais – elle me regarde bien droit dans les yeux avec un grand sourire – j’ai l’habitude avec toi ! »

     

    Quelque part, je suis bien contente qu’elle n’ait pas choisi d’aider les handicapés mentaux…

     

    Au clair de la lune

      

    – Tout à l’heure c’est vacances !

    – Toute seule ?

    – Non, je descends avec un couple d’amis et mon super copain de Cannes nous y rejoindra avec sa femme ; et peut-être aussi un autre couple qui est en vacances pas bien loin.

    – Les bagages sont faits ?

    – En bonne partie oui. Je me demande juste ce que j’ai pu oublier.

    – Euh… des chandelles ?

    – …

     

     

    Bah, de toute manière, ma chandelle est morte, je n’ai plus de feu.

     

     

     

     

    Paroles et explications de la chanson, pour la minute culturelle, c'est ici.

    Pub !

     

    Si vous regardez un tant soit peu la télévision, je suis sûre que vous avez tous vu passer la pub pour la Wii Music : celle où la famille idéale goût Flenders* fait semblant de jouer d’un instrument au son de l’Entertainer.

     

    Je ne m’attarderai pas sur la qualité de son déplorable – les nostalgiques des fichiers Midi des années 80 apprécieront – ni sur le côté très peu ludique de ce logiciel puisqu’il s’agit seulement d’agiter les mains au rythme d’une musique prédéfinie, non, je poserai une seule question : est-ce que les concepteurs de cette pub savent que le titre français de cette musique de Scott Joplin est l’Arnaque ?

     

    J'aime à penser que oui...

     

     

     

       

     

     

     

    * Cf quelques épisodes des Simpsons.

    Culture enfantine

     
    Un grand-père et son petit-fils jouent aux échecs. Après un petit moment de silence, l'enfant dit :
    – C’est dommage qu’il n’y en ait plus des rois, j'aurais bien aimé être roi...
    – Mais si, il y en a encore plein dans le monde !
    – Les rois, ce sont des dictateurs !
    – Oh non, tous les rois ne sont pas des dictateurs et tous les dictateurs ne sont pas des rois !
    – Qu’est-ce que ça doit faire un roi ?
    – Un roi, ça doit voyager, ça doit parler à tout le monde et être gentil avec tout le monde.
    – Je préfère être Président de la République alors !
     
    Extrait d’un dessin animé passé sur France3 dimanche dernier…
     
     

    Pub !

     
    Petit test d'attention... Si la vidéo ne se déroule pas de façon fluide dès le départ, arrêtez-tout et rendez-vous sur http://www.koreus.com/video/test-visuel-compter-nombre-passes.html.
     
     
      
    Test Visuel : Comptez le nombre de passes - Vidéo
     
     
    En terme de sécurité routière, les publicités anglaises sont efficaces !
     

    Tout pareil ou presque

     

    Ma grande sœur s’est trouvée un petit copain depuis deux mois environ ; ils se sont rencontrés sur Internet et se sont retrouvés dans la vraie vie pour partager une passion commune : la danse.

     

    J’ai trouvé le mien fin janvier via internet et notre rencontre a démarré par un partage de bitume en balade motarde. Comme quoi, les passions mènent à tout.

     

    Elle m’écrit qu’il a deux enfants et deux petits-enfants tout en étant plus jeune qu’elle et qu’il habite à 100 km de chez elle.

     

    Mon copain a deux enfants également, une douzaine d’années et 36 km nous séparent.

     

    Il ne boit jamais d’alcool ni de café et n’a jamais fumé. Sportif, il fait attention à sa santé et il est plus maigre qu’elle.

     

    Le mien tourne au jus de fraise et au thé et endure bravement ma dépendance nicotinique. Il ne supporte pas le gras (sur lui…) et fait du sport au moins deux fois par semaine.

     

    Sa maison est impeccable et cuisine tous les jours pour ses parents qui habitent dans le cottage voisin et sa fille qui vit en permanence avec lui. Fan de rugby, c’est tout ce qu’il regarde à la télé.

     

    Peu au courant des séries qui passent à la télé, il a la charge de ses deux enfants la majorité du temps et s’occupe parfaitement des repas et de l’entretien de la maison.

     

    Elle me dit aussi qu’il est romantique, travailleur, manuel, gentil, pas égoïste. Ma sœur est sans doute sa quatrième conquête, pas plus.

     

    Il joue du saxo, a beaucoup travaillé pour améliorer sa maison et prêt à tout faire s’il peut me rendre service. Il a rencontré sa femme il y a vingt ans, aucune incartade pendant ses quinze années de mariage, je suis sa seconde.

     

    Très perfectionniste, voire anxieux, il porte une arme en permanence sur lui.

     

    Ah ben non, là je ne te suis plus frangine !

     

     

    Étonnant tout de même, à 8 000 km de distance, de trouver autant de points communs dans nos rencontres alors que nous sommes, ma sœur aînée et moi, si différentes...

     

    C'est beau le progrès !

     
    Ben voilà, on y vient aux modes d'emplois réalistes !
     

    Pâtes

     

     

    Bonne année !

     

    J’attendais Fille Seconde  dans la voiture lorsque la maman de la copine vient toquer à ma fenêtre. Après les « bonjour » et « bonne année » d’usage, elle me dit d’un air fâché :

     

         Excusez-moi de vous faire déranger comme ça à la dernière minute mais ça ne s’est pas vraiment passé comme prévu !

         Bah, un peu d’impromptu quelquefois…

         Ce n’est pas de l’impromptu ça, c’est surtout que je n’ai jamais vu des gamins se tenir aussi mal ! Du n’importe quoi. Je ne m’attendais vraiment pas à ce que ça se passe comme ça, c’est inadmissible. C’est pour ça que je mets tout le monde à la porte ce matin. Insupportables !

    Oups… derrière mon volant, je n’en mène pas large. C’est vrai que normalement, je n’aurais dû venir la chercher que demain mais ma fille m’a appelée tout à l’heure en expliquant que les parents de la copine devaient aller voir de la famille dans l’après-midi, qu’il fallait que tout le monde rentre chez lui.

     

    J’essaie tant bien que mal d’imaginer ce qui a pu se passer. La musique était trop forte ? Il y a eu une bagarre ? Ils ont tout cassé dans la maison ? Fille seconde s’installe enfin dans la voiture. On voit bien qu’elle n’a pas assez dormi mais ça a l’air d’aller.

     

    Après quelques minutes de route, je lui demande ce qu’il s’est passé.

     

         Au départ, on devait faire le nouvel an chez un copain. Mais, à la dernière minute, ses parents ont tout annulé. Alors il a proposé de faire la soirée dans un bar. Mais c’est trop nul ça. Et puis la mère de ma copine a bien voulu que ça se passe chez elle. Donc on s’est retrouvés tous les sept ici. Le truc, c’est qu’il y a des potes qui ont acheté une bouteille de rhum avant de venir. Ils ont bu et ils ont tous vomis sauf moi.

         Tu n’en as pas bu toi ?

         Je n’aime pas le rhum. J’en ai bu un peu, mais je préfère le Jet 27…

    Je retourne à mes pensées et j’en conclus donc que le Jet 27 se digère mieux que le rhum. Et que ma fillotte à moi n’est pas franchement en cause (on se rassure comme on peut).

     

         Mais… quand ils ont ramené la bouteille, la mère n’a rien vu ?

         Ben si, même qu’elle trinquait avec nous !

         Ah… et ils ont quel âge tes potes ?

         On a presque tous 16 ans. Il y avait aussi un mec de 18 et une fille de 15.

    Et elle s’étonne que ça tourne au cauchemar vomitif sa soirée ? Fallait quand même bien s’y attendre ! Comment a-t-elle pu imaginer un instant que ces mômes allait être raisonnables, surtout un soir de nouvel an ? Bien des adultes ne connaissent pas leurs limites, alors des gamins… J’irais même presque jusqu’à dire que la mère de la copine les a cherchés les ennuis !

     

     

     

    C’est bien comme son école, tiens ! Je reçois régulièrement des courriers pour m’informer que ma fille n’a pas réintégré sa chambre au couvre-feu, qu’elle a séché le cours de gym ou ce genre de bêtises mais, pour les papiers nécessaires à son inscription au brevet, je n’ai rien reçu. Ils ont préféré laisser les consignes aux élèves.

     

    Bien entendu, ma tête de linotte de fille a oublié de m’en parler et c’est seulement trois heures avant l’heure limite de dépôt des dossiers que l’école – qui se trouve à plus de cent kilomètres de chez moi – m’a prévenue par téléphone qu’il fallait absolument que je leur signe un document que je n’avais jamais vu et que je devais y joindre une copie de recensement à demander en mairie !

     

    Il semble que l’établissement ait jugé les élèves suffisamment responsables et concernés par leur diplôme… Franchement, si les gosses de 16 ans étaient responsables, ils auraient le droit de vote non ? Et, tout à fait entre nous, si j’avais été à la place de ma fille, j’aurais probablement oublié intentionnellement de transmettre l’information en me disant que, si je n’étais pas inscrite au brevet, il n’y avait plus de raison que j’aille à l’école et hop, vacances !

     

    Bien sûr que tous les jeunes de 16 ans ne sont pas comme ça mais, que ce soit pour l’alcool ou l’inscription à un examen, il me semble qu’il y a quand même des risques à ne pas prendre !

     

    Les pompiers doivent s'arrêter au feu

     

    À Bruxelles, durant les huit premiers mois de l’année, les pompiers se sont vu dresser 378 PV pour des véhicules flashés en intervention. Un membre du Siamu (Service d’incendie et d’aide médicale urgente) vient même d’écoper d’une amende majorée à 275 € et d’un retrait de permis, avec sursis, de 8 jours. La faute à la multiplication des radars fixes et de feu rouge associée à une réglementation tatillonne. La grogne monte chez les soldats du feu bruxellois.

    « Les pompiers (…) sont payés pour intervenir avec rapidité » mais « on doit respecter la loi, très explicite, indique Francis Boileau, le directeur général du Siamu, quelque peu dépité. Questionné, un substitut m’a dit qu’on ne poursuivrait jamais un pompier qui n’aurait pu sauver quelqu’un à cause du délai d’intervention, mais qu’un pompier qui écraserait quelqu’un au feu rouge irait immédiatement en prison. (…) »

    (source http://www.lalibre.be/article.phtml?id=10&subid=90&art_id=385740)

     

    Mais pourquooooooooiiiiii ?

     

    Pourquoi, lorsque je fais carboniser une pizza au micro-onde, ça sent le brûlé pendant deux jours sur trois étages alors qu’une bougie soi-disant qui sent bon, ne joue son rôle que dans un périmètre de 20 centimètres pendant à peine quatre heures ?

     

     

    Vacances

     

    J’veux du câlin : pas du peep show, du vécu

    J’veux des gros bras, du p’tit cul…

    (sur un air connu)

     

    Je viens de passer dix jours en vacances avec mes filles. C’est pas que je n’aime pas, au contraire, mais c’est comme un super bon repas où tu t’es gavé de solide autant que de liquide, il y a un moment où t’en peux plus, t’as les dents du fond qui baignent. Et là, ce sont mes hormones qui me remontent violemment à la gorge, j’ai envie de me taper le premier mec qui sonne à ma porte. Cela dit, si le premier venu en question voulait bien ne sonner que vers 21 h 30 ce soir, ça me laissera le temps de déposer les filles chez leur père.

     

    N’empêche que j’ai joué à fond mon rôle de mère parfaite. Une visite du château d’Henry IV pour démarrer la première journée, histoire de couper court immédiatement à tout futur « j’m’ennuie ! » et autres phrases types de gamins en vacances : ça calme, Fille troisième ne prendra pas le risque d’une visite de musée complémentaire.

    Une journée à la plage ensuite : deux heures de route pour atteindre l’océan, du coup on s’est étalées sur le sable de midi à seize heures, le soleil au max, coups de soleil douloureux garantis, ça c’est fait, on n’en parle plus jusqu’à ce que la peau de Fille seconde ait retrouvé un aspect à peu près normal, soit une fois rentrées dans l’est selon mes calculs.

     

    Un après-midi « accrobranches » également : le cumul adrénaline et exercice physique dans les arbres garantissent une soirée pénard devant la télé et personne pour réclamer la sortie cinéma initialement prévue (bon, sur ce coup, j’en ai bavé aussi !).

     

    Rajouté à cela un bol d’air pur au Pic du Midi. Petit détail : la montée en téléphérique a pris du retard, un touriste cinquantenaire s’étant offert le luxe de vivre ses dernières minutes à 2 800 m d’altitude (une crise cardiaque, ça plombe un peu la sortie familiale mais, franchement, je trouve que terminer là-haut, c’est la classe !).

     

    Enfin, une dernière journée plus traditionnelle avec un squattage de piscine chez un voisin. Particularité de l’endroit : on y accède par une cour de ferme et une traversée de hangar rempli de tracteurs, bottes de pailles et autres accessoires agricoles, et là, entre les poules d’un côté et les vaches de l’autre, un carré de pelouse impeccable avec deux chaises longues, une superbe piscine de carte postale avec aspirateur automatique et tout ça… Mise à part l’odeur bovine qui se fout bien des délimitations de secteur, tout était parfait !

     

    Et puis tous les jours des éclats de rire, chaque soir l'apéro avec ma petite sœur, un partage des tâches équitable : elle les repas, moi la vaisselle, les quatre enfants le reste (nous sommes toutes les deux du même niveau côté cuisine et ménage).

     

    Sur la route du retour, un petit coucou à Fille première à Paris avec présentation de son petit copain et bassine de pop-corn maison. Et hop ! vacances finies, on n’en parle plus jusqu’à l’année prochaine.

     

    À+

     

    La voiture est prête : pression de pneus, huile, liquides de frein et de lave-glace, pare-brise (exceptionnellement) propre intérieur et extérieur…

     

    Les affaires courantes sont toutes expédiées : je suis à jour dans ma paperasse et j’ai rencontré rapidement ce soir le petit nouveau que je prévois de consommer dès mon retour. De quoi me motiver pour rentrer de vacances, un piercing sur la langue c’est… autre chose !

     

    Plus qu’à charger la voiture et en route pour l’aventure ! Enfin, l’aventure, un bien grand mot pour une semaine aux environs de Pau chez ma petite sœur, flanquée de mes deux nénettes, pas de quoi en faire un film non plus.

     

    Retour dans une dizaine de jours, amusez-vous bien !

     

    Il y a des matins comme ça...

     

    Ça faisait un bon moment que le monospace me suivait sur la voie de  gauche. Il n’avait pas voulu me doubler quand je me suis rabattue à droite, alors j’ai un peu appuyé pour le distancer. Mais il s’est accroché, imperturbable. J’ai jeté un coup d’œil rapide au compteur… oups, pas bien… Allez, pour une fois que cette autoroute habituellement surchargée permet de se faire un peu plaisir…

     

    C’est alors que je les ai aperçues. Tout d’abord un petit point sombre dans le gris bleuté du matin. Puis deux, puis six et finalement quinze larmes ponctuent le ciel, éparpillées au-dessus des collines. En m’approchant, je commence à distinguer un peu de couleurs : de larges rectangles rouges en chapeau pour le premier, un zigzag tricolore sur le suivant. Je souris dans ma tête : il va faire beau aujourd’hui, les montgolfières ont décollé ce matin. Je lève le pied pour profiter de cette flottille de ballons multicolores, image exceptionnelle de plus en plus détaillée au fur et à mesure que je roule.

     

    Le monospace se décide enfin à me doubler. Mais il cale sa vitesse sur la mienne pour rester à ma hauteur et m’envoie un baiser de la main. Je réponds d’un sourire. Il mime une invitation à prendre un verre. Je rétorque l’index pointé sur une montre imaginaire. Il suggère alors d’échanger nos numéros de téléphone. Sur le coup, je ne vois pas bien comment procéder et tourne mes paumes de mains vers le ciel en signe d’impuissance. Il me fait signe de m’arrêter. Je constate qu’il a bien calculé son coup le dragueur de l’autoroute, il y a une aire de repos à moins de 3 minutes ! Clignotant, je m’arrête, il me rejoint en trottinant.

    – On voit que c’est les vacances ! 

    – Dites donc, elle va bien votre voiture !

    – Faut dire que vous n’arrêtiez pas de me coller…

    – C’est parce que je vous trouve très mignonne !

    Échange des prénoms, j’en profite pour lui annoncer qu’il a un prénom de vieux, il en convient. Échange des numéros de téléphone, c’est moi qui appellerai. Je repars sans plus tarder, je déteste ne pas arriver en avance au boulot. Nos routes se séparent quelques kilomètres plus loin. Il m’appelle, je ne réponds pas. Je ne sais pas trop ce que je vais faire de ce numéro, je verrai ça plus tard.

     

    Je reprends ma contemplation du ciel. J’ai de la chance, je suis dans le bon sens, les montgolfières sont face à moi, de plus en plus grosses. Mais le spectacle est de courte durée, les petites routes le long de la Moselle nécessitent un minimum de vigilance et je dois faire également attention aux panneaux indicateurs si je ne veux pas me perdre. J’en avais oublié leur présence jusqu’à ce que, au détour d’un virage dans la commune où je dois travailler, m’apparaisse soudainement un énorme ballon, juste au-dessus des toits. Il n’est pas très haut, je distingue deux personnes qui s’agitent dans la nacelle. Et c’est juste à ce moment là qu'elle a craché une grosse flamme orangée !

     

    Il y a quand même des matins qui ne ressemblent à aucun autre matin…

     

    Grillé !

     

    Il y a quand même des associations bizarres dans les promos de M6 : ils nous encouragent à regarder NCIS « avec Hyppopotamus, spécialiste de viandes grillées » !

     

    Quand on sait qu’à chaque épisode il y a au minimum un meurtre et quelques explosions…

     

     

    Zut pour le titre

    Fille seconde est rentrée toute contente de sa seconde journée de stage : non seulement elle a fait sa première vente mais aujourd’hui on lui a appris le fonctionnement de la machine à café !

    Si c’est pas de la promo rapide ça… que du bonheur !

     

    Une bonne journée... (2)

     

    Extrait de mon courrier à la Conseillère Principale d’Éducation

    (...) 

    Lorsque vous m’avez signalé l’absence en cours de ma fille ce vendredi par téléphone, vous m’avez laissé entendre qu’elle avait probablement avalé une substance bien qu'elle vous ait certifié le contraire.

    Nous avons donc procédé, samedi et lundi, aux examens et analyses nécessaires afin de lever toute ambiguïté : toutes les recherches de toxiques se sont avérées négatives. Je vous ai d’ailleurs fait parvenir une copie des résultats. Cependant, le médecin a constaté un grave déficit nutritionnel qui explique sans aucun doute possible son état de fatigue intense.

    Cela étant, si je vous remercie de m’avoir alerté sur une éventuelle possibilité d’ingestion de sa part de produits nocifs, je suis particulièrement choquée de votre manque de retenue quant à la diffusion de cette rumeur à son sujet. Ma fille ne s’est pas rendue à l’école avant mercredi et pourtant, dès lundi, tous ses camarades étaient persuadés qu’elle avait « fumé un arbre » selon votre expression. De quel droit vous permettez-vous de faire circuler ces bruits alors même que vous n’avez aucune compétence en la matière pour juger d’une supposée intoxication et que vous n’avez pas pris les mesures nécessaires pour la faire examiner par un médecin ? Est-il dans vos habitudes d’accuser sans preuve un élève juste parce que vous êtes personnellement convaincue de sa culpabilité ?

    Et quand bien même vous auriez vu juste, avez-vous une notion du secret médical ? Vous êtes à un poste à responsabilité, vous vous devez d’en connaître les règles !

    Pire, lorsque jeudi ma fille vous a fait part de ses sentiments – sans agressivité – à propos de cette rumeur, vous avez persisté en lui affirmant qu’avec ce que vous saviez, vous auriez très bien pu faire croire qu’elle avait pris quelque chose et la renvoyer ! Est-ce l’un de vos principes d’éducation que d’effrayer une gamine de seize ans en lui affirmant, sans détour, que vous avez tout pouvoir sur elle quelle que soit sa conduite ?

    Il n’est pas question que cette situation reste en l’état et je vous demande de faire le nécessaire au plus vite tant auprès des élèves que du personnel de votre établissement pour réhabiliter la conduite de ma fille. Étant en charge d’adolescents, vous n’ignorez certainement pas les effets destructeurs que peut avoir un comportement de masse vis-à-vis d’un seul individu. Il est de votre mission de protéger les élèves et non de chercher à les détruire, même indirectement. Il vous appartient donc de démentir officiellement tout bruit à son sujet et il me semble indispensable que vous présentiez vos excuses à ma fille. Je sais que votre fonction n’est pas facile et qu’une erreur est toujours possible. C’est pourquoi je compte sur vous pour rétablir la vérité et vous en remercie.

     

    Dimanche sportif

    Un client me parlait l’autre jour de tout ce que ses parents avaient dépensé en temps et en énergie pour l’accompagner à chacune de ses compétitions de foot. Et il trouvait que, si un gamin méritait une coupe, il est certain qu’elle devait revenir également à eux qui avaient tout mis en œuvre pour qu’il puisse un jour la mériter.

    Planning d’une journée de compétition :
    – Préparation des sandwichs
    – Récupération de la copine qui partage le voyage (ses parents promettent que ce sera leur tour l’année prochaine…)
    – Départ à 10 h
    – 12 h 30, pique-nique ensoleillé près de la voiture sur le lieu de la compétition
    – 13 h 30, remise des gamines à une responsable du club pour les entraînements
    – Retour dans la voiture pour une petite sieste puis installation confortable pour une séance de lecture (j’ai arrêté de m’endurcir le fessier sur les sièges plastiques des stades)
    – 16 h, entrée dans le complexe sportif pour voir la prestation de ma gamine (durée : 3 minutes), bisous, félicitations, etc.
    – Retour à la voiture pour reprendre le fil de ma lecture
    – 17 h 15, de nouveau dans le stade pour assister à la remise des médailles
    – Ma fillotte monte sur le podium (l’équipe est classée 2e sur 21), elles sont qualifiées pour les championnats de France qui se dérouleront mi-juin ! Petite larme à l’œil, photos, re-bisous, re-félicitations, etc.
    – De nouveau à la voiture le temps qu’elles se changent et récupèrent leurs affaires
    – Départ à 18 h 15
    – Arrivée à 21 h (remise de la copine à ses parents au passage).

    Oui, mon client a raison : entre la cotisation, les déplacements, l’achat des tenues, voire pour certaines la confection des gâteaux pour la soirée de gala (moi j’évite…) c’est un véritable investissement commun pour cette réussite !