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    Pas de ruban, juste une bougie

     

    – Qu’est-ce que tu fais aujourd’hui ?

    – Je vais à un anniversaire !

    – Ah bon ?

    C’est vrai qu’un anniversaire organisé un après-midi en semaine, ça peut surprendre.

    – Et qu’est-ce que tu apportes comme cadeau ?

    – Le cadeau… c’est moi !

     

     

    D’accord, le canard jaune l’année dernière, c’était très sympa comme idée. Mais un jeune homme bodybuildé, chippendale à ses heures, il me fallait bien ça pour basculer sans nostalgie vers mon second demi-siècle !

     

     

    Chocolat

     

    Il arrive parfois, à la saison où on ouvre à nouveau les fenêtres, de croiser soudainement une subtile odeur de pâtisserie.

    En s’approchant, on distingue légèrement un ton caramélisé caché par de chauds effluves de chocolat, on devine le doré d’un gâteau qui termine sa cuisson, le moelleux de la crème qui l’accompagnera, quelques arômes de fleur d’oranger ou de vanille, peut-être même un zeste d’orange rehaussé d’une touche de cannelle… On ralentit le pas pour profiter de l’instant, on s’arrête presque en espérant – sans illusion cependant – qu’on se fera inviter à partager toutes ces douces saveurs si tentantes et, on en est convaincu, si douces à la bouche…

    Seulement on doit repartir, laisser là cette esquisse de plaisir pour s’en retourner chez soi. Dans son univers sans parfum, il n’y a plus que l’envie de retrouver cet instant fugace de bonheur avec un bol de chocolat chaud, ersatz bien pâle mais qui fera illusion auprès de ses papilles avides de délices. Et ce ridicule regret de n’avoir pas osé sonner tout à l’heure pour exiger sa part de paradis.

    Certains ont des relents de pâtisserie parfois…

     

    Rhââ Lovely

     

    Passer des heures à parler de lui, de moi, de nous, devant un café ou un verre de vin, se raconter en se baladant dans des ruelles ou sous des arbres imposants, rester là l’un contre l’autre au fond d’un canapé au cuir vieilli, se regarder les yeux dans les yeux, marcher d’un même pas main dans la main, c’est doux, c’est tendre, c’est romantique, c’est… oui ben ça va bien mais au bout d’un moment, on se fait chier grave !

     

    Alors ce matin, après les croissants au chocolat au retour de sa nuit de boulot, on y est allé d’un bon gros câlin avant de dormir quelques heures, suivi de petits câlins pour se réveiller tout à fait, déjeuner histoire de reprendre des forces et hop, une fois le café avalé, on a tout fichu le souk dans le lit. Et avec bonheur. Il n’y aurait pas eu les gosses à aller chercher à l’école… Ça c’est du relationnel comme j’aime bien !

     

    Mangerbouger qu’ils disent à la télé ? Je confirme, ça donne la pêche !

     

    X

     

    useless

     
    Et surtout, c'est plus facile avec du X
     
     

    Qui perd gagne

     
     

    Ça commence par un après-midi de « pas envie de bosser ». Un après-midi à traîner sur le net. Rien de bien passionnant, l’écran a remplacé la télé, tu te balades d’un site à l’autre en te donnant l’impression d’avoir la liberté de choisir tes images, tes histoires…

    Et puis, au détour d’une page, t’en trouves un qui glande autant que toi. Alors tu prends contact. Tu t’aperçois qu’il est motard aussi. Tu te dis que t’as du bol. Il fait presque chaud pour un mois de janvier, t’organises la rencontre. Pour une fois, t’es pas en retard, t'arrives en même temps que lui au point de rendez-vous. T’as presque l’impression que le monde est parfait.

    Sous le casque, tu trouves une bonne tête. T’es agréablement surprise. À la dernière rencontre internet, t’étais tombée sur du lourd. Du gentil mais du gras. Tu t’étais pas vraiment ennuyée mais, après, t’étais rentrée seule avec l’impression d’avoir gâché tes heures de liberté, que tu aurais pu trouver mieux à faire. Là, tu trouves le monde parfait.

    Tu l’entraînes avec toi sur des petites routes que tu connais bien. Ça faisait longtemps que tu les avais pas faites celles-là. T’es contente qu’il suive bien. Tu te fais ta pause clope. Tu constates qu’il fume pas. T’en profites pour en savoir un peu plus sur lui. Juste un peu. Pour faire la conversation. Tu repars. Tu sais pas trop où, mais t’as pas envie d’arrêter de rouler. T'es bien. Tu finis par le ramener jusqu’à chez toi. Tu lui proposes un café. Il se contente d’eau chaude. T’aimes sa conversation, t’aimes sa voix, t’aimes ce qu’il est. Quand il doit repartir, tu remets ton casque. Tu proposes de le raccompagner un bout, pour le mettre sur la bonne route. Tu le lâches sur l’autoroute pour te taper un sprint. T’as envie de te défouler, t’as envie de t’éclater, tu fais ce que tu sais que tu dois pas faire, avec bonheur. De toute façon, t’es invincible. Tu l’as perdu de vue depuis longtemps, mais t’es à fond. C’est sûr, le monde est parfait.

    Le soir, tu te poses des questions. T’as envie d’un copain juste copain. T’as envie de remplacer celui qui est parti. T’en as besoin. La dernière fois que t’en avais dégoté un, t’as à peine eu le temps de faire deux balades que tu te retrouvais dans son lit. T’avais plus eu envie de le revoir. Tu veux pas refaire la même connerie. Alors tu te dis que tu resteras à distance. T’y arriveras bien quand même. Faudra.

     

    Tu lui envoies un petit mot sur le net, juste pour le remercier. Il te répond qu’il a passé un bon moment aussi et qu’il a envie de remettre ça mardi. Mais mardi, tu dois faire changer ton pare-brise, t’en as pour trois heures à rien branler en attendant que ça se fasse. Alors il te propose de te récupérer là-bas, il te ramènera à ta voiture en fin d’après-midi. Tu le voyais tellement mal ce mardi paumé à traîner dans la zone commerciale que tu sautes sur l’offre sans réfléchir.

     

    Depuis le matin, t’as décidé de mettre un jean et un gros pull. Rester à distance, rien provoquer. Mais t’y arrives pas. T’as viré le gros pull pour un plus fin. T’as pas non plus envie d’avoir l’air d’un sac. Tu rajoutes un gilet pour cacher tes arrières. Pas tenter. Tu devrais être déjà partie mais tu sais plus quoi mettre par-dessus. Ta polaire est trop nase. T’as rien qui va avec le jean. Tu vires le gilet pour un sweat. Mais tu vas avoir froid avec ça. Tu remets le gilet. Finalement, tu vas piquer la veste de ta fille.

    T’arrives en retard bien sûr. Lui t’attend déjà depuis un petit moment. Tu le feras attendre encore un peu plus le temps de faire les papiers. Tu grimpes dans sa voiture. Fait trop mauvais pour sortir la moto. Tu lui proposes d’aller prendre un verre en vieille ville. T’as ta fille à la maison, t’as pas envie de faire les présentations.

    Tu te cales sur la banquette, tu te prends un café. Lui est toujours à l’eau chaude. Il te raconte sa vie, son boulot. Tu comprends maintenant pourquoi il a du temps libre en semaine. Tu l’écoutes parler. Tu te racontes aussi. Un peu. Juste ce que t'as envie qu’il sache. T’as fini ton café. Tu joues avec la cuillère. Tu joues avec le sucre. Tu fais semblant de grignoter tes ongles. T’es pas franchement détendue. T’as besoin d’une cigarette. Pas de nicotine, juste de quoi occuper tes mains. Trois semaines plus tôt, t’en aurais déjà grillé quatre. T’aurais pas été plus zen mais t'aurais su quoi faire de tes doigts. Là, il est juste en face de toi. Tu sais que tu n’es jamais à l’aise en tête à tête. Tu le fais juste croire. Et ça marche bien. Sauf que là, t’as pas la clope pour cacher ton malaise. Tu te rends compte que ton regard le fuit. T’essaies de recadrer mais ça dure pas longtemps. Si t’avais voulu le draguer, t’aurais su. T’aurais maîtrisé. Si t’avais voulu l’ignorer aussi. Là t’es dans l’impasse, tu sais pas comment faire.

    Tu proposes une balade à pieds. Il croit que c’est pour la cigarette. C’est presque ça. Tu vas même jusqu’à payer au comptoir pour plus être en face. Dehors, tu te sens mieux. T’allumes immédiatement ta clope pour confirmer. Tu l’emmènes dans le parc. Le vent est froid, il garde les mains dans les poches. Toi aussi. Il te prend l’idée de passer par la ruelle. Juste parce qu’elle est à l’abri du vent. Et parce que tu l’aimes bien cette ruelle. Du moins, tu l’aimes bien de nuit. T’es déçue de la voir de jour avec ses poubelles et ses voitures. Tant pis. Ça te fait penser à un autre copain. T’avais eu envie de lui prendre la main en marchant mais t’avais pas osé. Tu savais pas trop sur quel pied danser avec lui. Là, tu sais. T’as envie, tu trouverais ça très agréable mais tu le feras pas. Surtout pas. Tu continues à discuter de choses et d’autres.

    Tu te demandes tout soudain comment il a pu interpréter ton choix de passer par la ruelle. Le vent, c’est la version officielle, d’accord. Mais si t’avais voulu un endroit discret, à l’abri des regards, t’aurais pas pu faire meilleur choix. T’avais pas pensé à ça avant. Tu te dis qu’il n’y a pas pensé non plus. Ou que s’il y a pensé, il a préféré l’ignorer. Alors tu tentes de te convaincre que tout va bien. Pas d’ambiguïté.

    Il te ramène dans la zone commerciale pour récupérer ta voiture. T’as plus rien à dire. Tu réflexionnes sur les indications du tableau de bord. Il saute sur le sujet et en rajoute. Tu vois bien qu’il retarde le moment de se séparer. T’allais te barrer quand il te sort un paquet de chocolats de la boîte à gants. T’es toute contente et t’en conclues que quand tu couches pas tout de suite, t’as des cadeaux. Tu montes dans ta bagnole et tu te dis que t’as passé un super moment. Et que tu vas lui réserver tous tes mardis après-midi.

     

    T'essaie de faire le point dans ta tête. Déjà te rappeler son prénom. Pas si facile. Pis comment il était habillé. T'en as aucune idée. T'as vaguement l'impression qu'il a une barbe, ou quelque chose comme ça, mais t'en es pas sûr. Tu te rends compte que tu l'as jamais regardé vraiment. Tout ce que tu sais, c'est que tu tiendras pas. Tu pourras pas laisser les choses en l’état. T’as rien à lui reprocher. Donc rien pour t’en décrocher. Tu vois bien que tu peux pas t’en faire juste un copain, c’est pas ton truc. Mais t’aimes bien cette situation. T’as envie d’être aimée, rien que pour toi. Encore un peu. Alors tu changes tes plans. Tu calcules. Tu te dis qu’au troisième rencard, tu lui en donneras un peu plus. Mais pas trop. Juste de quoi l’attacher. Tu lui écris seulement que le temps a passé trop vite avec lui.

    Tu trouves un message sur ton répondeur. Il te dit qu’il voulait juste entendre ta voix. T’es sûre maintenant qu’il est accroché. T’organises le mardi suivant. Et puis tu lui écris plus pendant deux jours. T’as autre chose à faire. Et rien à dire.

     

    Tu sais depuis plusieurs jours comment t'allais te fringuer ce mardi. T’as organisé tes lessives pour ça. T’as proposé un café chez toi suivi d’une sortie moto. Tu sais très bien que ça se limitera au café. T’as envoyé un mot au dernier moment pour dire que c’était pas un temps pour rouler. Et t’as mis une jupe. T’as planqué toute la vaisselle qui traînait sur l’évier. T’as arrangé le canapé et débarrassé les tables basses. Tu t’es lavée les dents pour pas sentir la clope. Pis t’en as allumée une quand même, t’es pas sensée lui rouler une pelle d’entrée de jeu.

     

    Tu lui ouvres la porte. T’aurais dû l’embrasser sur la joue. Mais t’as pas contrôlé. T’as visé sa bouche. Ça te gêne et te fait sourire à moitié. Lui aussi. Tu t’étonnes du temps qu’il fait et puis tu vas te planquer à la cuisine pour faire chauffer son eau chaude et ton café. Tu t’en veux. Tu comprends pas ce qui t’a pris. T’avais pas prévu comme ça. Tu te concentres sur la flotte qui coule dans la tasse. T’es de nouveau mal à l’aise. T’essaies de pas trop fumer quand même. Tu prends un second café.

    Faut que tu sortes de là. Il fait beau, tu proposes une balade dans le cimetière. Ça le surprend. Là, tu commentes les tombes, les fleurs en plastiques, tu fais un détour par les plus connues. Il plaisante sur les choix de pierres, ou les noms, et constate que c’est un endroit particulièrement agréable. T’as ton manteau qui glisse un peu, il te le remonte doucement sur l’épaule. Tu te rends compte de l’impact de son geste. T’avais pourtant fait attention à ça aussi. Tu t’étais débrouillée pour te faire sauter trois fois ces deux derniers jours histoire de pas être réactive. Tu constates que t’as tout faux, ça marche pas comme ça. Ou c’était pas assez. T’essaie de penser à autre chose. T’essaie d’ignorer. De l’ignorer.

    Tu proposes immédiatement un thé en rentrant. Tu te dis que ta cuisine c’est ta planque. Mais tu sais que tu peux pas rester là. Tu y retournes. T’allumes une cigarette. Y a de plus en plus de blancs dans la conversation. Il doit y aller. Tu proposes des bonbons. T’en prends un qui arrache la gueule. Tu te dis que ça devrait éliminer les odeurs de cigarettes. En tout cas, toi, tu sens plus rien.

    Tu le raccompagnes à la porte. Tu t’attends à ce qu’il hésite à sortir mais il est déjà sur le trottoir. Tu vois bien que ça va pas le faire si tu le laisses partir comme ça. Alors tu l’attrapes quand il revient t’embrasser pour dire au-revoir. Tu te colles à sa bouche. Tu la trouves particulièrement douce. Ses gestes sont doux. Tout en lui est doux. Ça te suffit pas. T’es pas dans la douceur toi. T’es dans l’urgence. Dans la violence. Tu sais que tu lui plais. Alors tu te colles entièrement à lui. T’envahis sa bouche, tu forces de ta langue. Ta main dans son cou maintient sa tête. Ta cuisse tente de s'insérer entre ses jambes. Tu peux pas te contenter de sa bouche, tu veux tout. Tu te rends compte qu’il lui suffirait d’un geste un peu appuyé pour t’envoyer en l’air. Alors tu te reprends. Tu t’aperçois que tu comprends rien à ce qu’il dit. T’as les mots mais pas le sens. Ils arrivent tous mélangés dans ta tête. T’arrives pas à te concentrer dessus. T’essaies juste de te calmer. Tu lui dis qu’il vaut mieux qu’il se casse maintenant et tu claques la porte.

     

    Et te v’là, devant ton écran, à essayer de balancer à travers le clavier toutes ces fichues émotions qui t’empêchent d’avancer droit. T’es là, tu déballes tout à des lecteurs anonymes ou presque, tu leur refiles tes états d’âme à béqueter, à broyer, à triturer. Mais tu t’en fous, tu leur donnes, t’en veux plus. Ils te prennent plus la tête maintenant qu’ils sont posés là. T’as trouvé, de toute façon, ce que tu savais déjà : y a des jeux auxquels faut pas que tu joues. Tu perds à tous les coups.

     

    De la plomberie à la peinture

    (private joke) 
     
     
    Quand j'ai quitté la soirée, je n'avais rien.
     
    En quittant leur appartement dimanche matin, j'avais ça :
     
     

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    Faut que j'arrête d'abuser, même des bonnes choses !
     
     

    Fétichisme de l’uniforme

     

    Dans la maison de ses fantasmes, il y mettrait :

          – 1 demi-douzaine de soubrettes
    – 2 asiatiques
    – 1 institutrice
    – 1 bonne sœur (perverse)
    – 1secrétaire en tailleur et escarpins
    – 1 pom pom girl mais pas une de 12 ans, hein, une de 20, 22 ans…
    – 1 hôtesse de l’air

    Non, après réflexion, il vire les deux asiatiques pour les remplacer par des pom pom girls. Plein de pom pom girls !

     

    Et dans tout ça, pas l’ombre d’une motarde ! Pfff…

     

    Aphorisme

     

     

    Chez les hommes, c’est le besoin de sexe qui crée l’envie. Chez les femmes, c’est le plaisir.

     

     

    ... et bonne année !

    – J’ai les pieds gelés
    – Je pourrais te les réchauffer
    – Ah oui, j’imagine bien… couché sur le parquet, mes pieds sur ton ventre chaud…
    – Oui ton esclave soumis !
    – Tu veux ?
    – Oui, tout ce que tu veux. Ça pourrait être sympa d’être ton esclave toute une soirée
    – J’aime bien l’idée
    – Moi aussi. Ça te tente ?
    – Pour les pieds, oui !
    – Pas de soucis, mais même pour tout autre désir
    – Alors viens
    – Maintenant ?
    – Pourquoi pas !
    – J’arrive

    Quelques instants plus tard, j’avais les pieds bien au chaud tout en sirotant un cocktail maison.

     

     

    La vérité est ailleurs paraît-il, en l’occurrence, la suite aussi. On ne peut quand même pas tout dire sur les blogs... ou alors discrètement ! Allez, joyeuses fêtes et à l'année prochaine ! 

     

    Des caractères sexuels secondaires

    À quoi ça sert de marcher sur les pieds de quelqu’un si ce quelqu’un ne hurle pas sur vous ou de douleur ? À quoi ça sert de porter des bas, porte-jarretelles et toute la panoplie s’il n’a jamais la main baladeuse ? À quoi ça sert de claquer les portes s’il ne sursaute même pas ?

    Qu'est-ce que ça peut être agaçant un homme qui sourit en permanence de la même manière, que ce soit quand il vous découvre la première fois ou quand vous le quittez, quand vous lui signifiez le bonheur d'être à ses côtés comme quand vous lui annoncez crûment que vous allez vous faire sauter ailleurs…

    Les gens trop bien formatés, trop bien comme il faut, ceux que votre mère trouverait parfaits (« il est tellement gentil lui »), ceux que votre meilleure copine se désespère de vous voir fréquenter (« mais pourquoi tu ne sors qu’avec des cons qui n’en ont rien à faire de toi ? »), les passe-partout, les toujours d’accord ou – pire – les « c’est comme tu veux », bref les mous de la réaction m’ennuient, au lit comme dans la vie.

    Les bad-boys ont encore de beaux jours devant eux. Les salauds et les bourrins aussi.

    Ce matin, je me suis surprise à fantasmer sur un homme politique. Rien à voir avec une quelconque conviction de pensée, c’est l’homme en tant que mâle qui me plaît. Enfin, qui plaît à mes hormones. Un besoin de pouvoir exacerbé, un malade de l’autorité, aussi réactif que quelques Mentos dans une bouteille de Coca light (http://www.youtube.com/watch?v=eTSUCV7M1yc), m’est avis qu’il n’est pas besoin de le chatouiller longtemps pour, soit se prendre une bruyante claque (tout au moins verbale), soit s’envoyer en l’air énergiquement. Et dans ce cas avec, en prime, la satisfaction de prendre le pouvoir à mon tour. Qu’on se rassure (si besoin était), je suis tout à fait capable, à l’instar de pas mal d'hommes, de forniquer avec quelqu’un que je n’aime pas. C’est même souvent beaucoup plus torride. Ce genre de fantasme ne peut donc avoir aucune influence sur ma façon de voter.

     

    PS : Je reconnais que le terme "forniquer" n'est pas des plus élégants. Peut-être y a-t-il dans cette liste http://www.yaronet.com/en/posts.php?sl=&s=66009 quelque chose de plus approprié... Ou alors, dans celle-ci : http://www.echolalie.org/wiki/index.php?ListeDeFaireLamour (plus complète !)

     

    Narcisse

    Elle s’assit sur côté du lavabo et posa son pied gauche sur le meuble bas. Coupe-ongles en main, elle allait attaquer le petit orteil lorsqu’elle croisa son propre regard dans le miroir qui lui faisait face. Le geste suspendu, elle s’attarda sur son image. Elle se trouvait jolie. Et s’en étonnait.

    Comme beaucoup de filles, elle avait généralement un regard très critique sur son physique : il n’y avait pas assez là, un peu trop ici. Même ses cheveux trop longs, aux boucles anarchiques lui donnant constamment l’air de sortir du lit – et la cause de bien des énervements matinaux pour tenter de les discipliner –, même ses cheveux trouvaient grâce à ses yeux aujourd’hui. Elle ne s’y attendait pas. Les lendemains de fête, d’habitude, elle évitait les miroirs. Elle savait qu’elle n’y trouverait qu’un visage blafard, le regard éteint sur des cernes grises, un avant-goût de ce qu’elle devrait probablement supporter quotidiennement dans une dizaine d’années. Elle s’aperçut tout d’un coup que son mal de tête avait disparu. C’était peut-être ce qui la rendait heureuse à cet instant, simplement.

    Elle remonta l'autre jambe pour plus de confort, le pied sur le tabouret. Et continua son inspection. La position était bizarre, avec ce genou à la hauteur de l’épaule, comme une grenouille a demi recroquevillée, les bras tombant entre ses cuisses.

    C’était ça le plus surprenant finalement, cette pose qui n’en était pas une, cette position à l’encontre des règles de la bienséance qu’elle trouvait si captivante. Tout à l’opposé du corps fièrement tendu, les reins creusés, la poitrine arrogante et le fessier agressif qu’elle aimait prendre pour se persuader d’être toujours aussi attirante aux yeux des hommes, se tournant et retournant pour se rendre compte de l’effet qu’elle pourrait produire, pour se rassurer sur sa capacité à plaire. Non, il n’y avait absolument rien là, dans cette posture, des règles de base de la séduction et pourtant elle était sous le charme. Son dos légèrement en rotation lui faisait  un cou un peu plus fin, ses épaules lui apparaissaient moins larges, ses seins plus présents. De sa main droite, elle en fit le tour légèrement, effleurant les pointes de sa paume. Elle aurait voulu obtenir le plaisir simultané de donner et recevoir en même temps mais la sensibilité de ses doigts était prédominante. Elle se contenta d’en apprécier leur rondeur et les soupeser au travers de leur douce enveloppe de peau tiède.

    Elle sortit de sa contemplation et se pencha en avant pour aller fouiller en aveugle dans le tiroir du meuble. Concentrée sur les diverses formes que ses doigts rencontraient, ses yeux ne quittaient pas son image. Puis elle referma le tiroir en se redressant, le coupe-ongles avait été remplacé. Toute son attention se porta alors sur ses sensations. Son regard se perdait dans son reflet. Elle ne voyait plus les boucles de ses cheveux s’agiter légèrement sous le courant d’air chaud du radiateur soufflant. Ses gestes étaient lents. Le miroir, comme par pudeur, n’affichait que les mouvements de ses bras, ne lui montrant que le haut de son corps, laissant deviner l’action de ses mains. Puis elle ferma les yeux. Le monde extérieur n’existait plus pour elle, tout avait disparu.

    Soudain, le menton se redressa, le dos se cambra et elle resta un instant immobile, enfermée dans son silence à peine troublé par un profond soupir de soulagement retenu.

     

    Et moi je la regardais, adossée aux carrelages froids de la salle de bain, fascinée par la beauté de l'instant. Je n’osais bouger de peur de briser sa bulle d’intimité, de salir son monde de sensualité. J’avais eu juste un sourire à la pensée qu’elle venait d’utiliser avec bonheur du made in Taiwan. Tout comme l'était ce correspondant qui l’avait abordée il y a tout juste une semaine. Elle avait envie d’exotisme en ce moment…

     

    Tiens, voilà du bourrin

    Il n’y a pas de meilleure définition du bourrin que celle que j’ai trouvée là :

    http://lieuxcommuns.canalblog.com/archives/2005/12/07/1082319.html

     

    Pour les plus pressés (ou moins curieux), je rappelle l’idée de base (source : Google) :

    Adj. pop. péj.

    1) (argot) Se dit d'un système particulièrement lent, lourd, et qui ne fait pas dans la dentelle. Utilise souvent la force brute et l'ignorance massive.

    2) Se disait à l'origine d'un cheval, mais s'utilise le plus souvent pour caractériser certains hommes.

    Être bourrin : ou comment montrer à la personne intéressée qu'on est vraiment super pressé... et qu'on doit donc largement écraser toutes phases préalables pouvant être agréables...

     

    Je compléterais cependant cet excellent point de vue par quelques notes à propos du comportement du bourrin et, en conséquence, de l’usage du bourrin.

     

    Attention à ne pas confondre le beauf et le bourrin. Le beauf est, selon Cabu, un petit bourgeois aux idées étroites, conservateur et phallocrate. Rien à voir. (Cf. http://www.beaufland.com/defbeauf.php pour plus de détails.) Cela étant, le beauf sait être bourrin à ses heures.

     

    Le bourrin donc est un manuel. Autrement dit, il s’oppose à l’intellectuel. Le bourrin ne se pose pas de questions, le bourrin ne se perd pas en conjonctures vaseuses, le bourrin agit, à l’instinct. Non pas que les choses de l’esprit ne soient pas à sa portée mais ce n’est pas sa tasse de thé ; il privilégie l’efficacité primaire à la réflexion stérile. S’il doit réfléchir, ce sera après.

     

    L’approche du bourrin

    Inutile donc d’investir dans de coûteux vêtements de marques ou d’avaler les œuvres complètes de Nietzsche pour capter l’attention du bourrin. Une minijupe et/ou un décolleté plongeant suffiront à le faire réagir, le bourrin est toujours à l’affût de belles images pour nourrir ses fantasmes.

    Un sifflement admiratif au passage d’une paire de jambe et/ou de seins prouve qu’il apprécie le visuel et l’on peut, d’ores et déjà, considérer que la conversation est entamée. Cependant, le bourrin, quoi qu’on en dise, sait se tenir et n’ira guère plus loin dans le dialogue s’il ne sent pas un minimum de répondant.

    Mais si la cible lui accorde un peu d’attention, voire un petit sourire flatté, alors, soutenu par ses potes du même acabit, il balancera quelque plaisanterie grivoise en guise de parade nuptiale.

    Lorsque la belle a accepté sa cours en y répondant (la réponse peut être verbale ou physique) inutile de faire traîner les choses, le bourrin excité n’est pas d’un naturel patient.

     

    Conclure avec un bourrin  (non, il n’y a pas d’étape transitoire)

    Le bourrin standard est souvent une force de la nature, tout comme l’intellectuel est un maigrichon à lunettes. Contrairement au beauf, il se moque pas mal de l’image qu’il renvoie, persuadé que ce qu’il a entre les jambes vaut tout l’or du monde.

    Jouer avec un bourrin demande tout de même un minimum de préparation. Comme dit Jull : le bourrin ne reconnaît pas la petite cuillère, et encore moins son dos ; il préfère la pelle, voire la pelleteuse.

    En guise de préliminaire, une bière fera l’affaire. Le sujet de conversation importe peu, il déviera de toute manière assez rapidement sur le sujet qui lui importe le plus à ce moment présent : le cul. Le bourrin ne fait pas dans la dentelle. D’ailleurs, il est plutôt déconseillé de porter des sous-vêtements délicats à moins d’avoir les moyens de s’en racheter après le passage du bourrin. Outre les classiques minijupe et/ou décolleté plongeant déjà évoqués, le bourrin apprécie toute autre tenue du moment que ce soit sexy et facile d’accès.

    Le bourrin ne craint rien : il ne se pose pas de question. Il est donc tout à fait envisageable de se présenter à lui avec des bottes lacées tout du long (il ne les défera pas), des bas noirs autofixants (éviter les porte-jarretelles, le bourrin s’y emmêlera les doigts et arrachera ce qui gêne) et un serre-taille noir (l’agrafe du soutien-gorge est un casse-tête pour le bourrin). Un cérébral se demandera ce qui l’attend, ce qu’on attend de lui, s’inquiétera de savoir comment se comporter, pas le bourrin.

    Afin de simplifier les règles du jeu, il sera de bon ton de compléter la tenue avec de très longs gants noirs, un collier de cuir et, pourquoi pas, un bandeau sur les yeux, la consigne étant : « tu peux jouer avec tout ce qui est blanc ». Simple et efficace.

    À éviter absolument : les accessoires, le bourrin préférant la force au doigté. Au mieux, il déglingue en moins de deux minutes un sex toys, au pire c’est un tour aux urgences.

    Point important s’il en est : tout comme en voiture, le bourrin ne se préoccupe pas de savoir si le moteur est chaud, il se fait plaisir, il fonce. Toujours prendre la précaution de préchauffer avant de jouer avec un bourrin pour éviter la casse.

     

    Le bourrin sait se tenir, rappelons-le, il finira sa bière (qui n’aura pas eu le temps de réchauffer) avant de partir. Parce que le bourrin ne s’éternise pas. C’est là tout l’avantage du bourrin, il ne cherche pas à savoir si c’était bien ou pas (le bourrin ne s’interroge pas), il a fait ce qu’il devait faire, il a pris son pied, donc c’était bien.

     

     

     

    Et moi, il y a des jours où j’aime bien les bourrins. Je les aime brut de fonderie, sans manières, sans délicatesse, tels qu'en eux-mêmes.

    J’aime les hommes pour ce qu'ils sont, je les aime tout autant superficiels, volages et puissants, coureurs, beaux, forts et bestiaux.

    Il y a des jours où j'en veux un vrai, un pur, un dur, un qui sent l’homme.

     

    Sans titre

    « (...) Mais ça me fait très plaisir d'être pris pour un objet sexuel plutôt que de servir à gagner du fric pour une femme. »

     

    Un mec qui écrit ça dans un com, j’adore !

     

    Syndrome du placard

    « Je n’ai rien à me mettre ! » Phrase typiquement féminine balancée devant une penderie surchargée…

     

    Objectivement, j’ai de quoi faire. Il y a là quelques conséquences d’un coup de cœur du moment que je ne n’ai mis qu’une fois ou deux et qui ne me plaisent plus. Et, à l’opposé, ceux que je me trimballe depuis des années, un peu trop vieux, tout usés, fatigués mais avec lesquels je me sens bien quand même, l'habitude sûrement. Ah, cette manie de ne pas jeter, de garder parce que j’ai bien aimé alors que je sais pertinemment que ça ne me va plus vraiment !

    Pourtant, j’essaie de choisir ce qui complèterait ce que je possède déjà. Mais ça ne m’empêche pas de me créer quelquefois des dilemmes cornéliens au moment de prendre une décision.

    Sans compter qu’il en faut pour toutes les occasions : ceux pour le week-end, simples, pratiques, endurants, avec lesquels on peut tout faire ; ceux pour la semaine, bon chic, bon genre, du passe-partout qui ne doit pas en avoir l’air ; et ceux pour les occasions spéciales, les soirées uniques, avec lesquels je veux briller, marquer de ma présence…

     

    Non, le seul problème, c’est que je n’aime pas enfiler toujours la même chose. Peut-être parce que je n’ai pas trouvé ce qui me convenait vraiment. Ou simplement parce que je ne veux pas m’enfermer dans un style. Envie de changer, d’être autre, tout le temps. Tiens, rien qu’hier, j’ai encore vu quelque chose qui me plairait bien. Assez classique, agréable à l’œil comme au toucher, rien d’extraordinaire mais différent. Pas eu le temps d’essayer mais j’imagine que je serai bien dedans…

     

     

    (texte d'inspiration Jedi)

    La cote du loup (rien à voir avec le coup de la lotte)

    Entre chien et loup de Iwillwhat, le loup du Petit Chaperon Rouge remixed 6 couleurs de Comateen et Lasorc qui Toc Toc Toc à sa porte pour voir s’il y est, le loup est à la mode en ce moment.

    Par curiosité, j’ai demandé à Google : rien que 307 pages chez les bloggeurs MSN  à ce sujet pour les trois derniers mois. C’est la saison ? Un effet de mode ? À tout hasard, histoire d’être dans le coup, je vais y laisser ma patte aussi avec un poème qu’on m’a envoyé il n’y a pas très longtemps.

     

     

    Louve

     

    Louve aux hanches amoureuses
    et gonflées de désir,
    tu vas nue, aguicheuse,
    sous ta longue cape de cuir,
    les seins toujours de l'avant,
    provoquer de nouveaux amants.

     

    Brune, comme les nuits que tu vénères,
    dans ces marais humides et vert
    souvent ce chant tu entonnes :
    "Je suis à vous ! Je l'ordonne !"

     

    Ah... Nymphe ténébreuse et séduisante,
    un dangereux parfum nage sur ton corps !
    Tu t'enivres toujours plus et encore
    des râles de ceux que tu tourmentes.

     

    Adorable sorcière, tu aimes tant la chair
    qui se débat sous les chaînes
    tel un reptile irrité
    et tu sais en tirer sans peine
    des plaisirs plus aiguisés
    que la glace et le fer.

     

    Mais ceux que tu châties t'idolâtrent
    car, comme toi, diablesse sculptée dans l'albâtre,
    ils aiment mêler l'écume des plaisirs ardents
    aux flots des cris, des pleurs et des tourments.

     

    Et si par malheur nul ne vient à tes rixes,
    tes soeurs, satyresses et nixes,
    offriront leur nudité et leur sang
    à tes désirs les plus troublants...

     

    © Cyr

    Scarifications

    Il était là, il m’attendait. Celui que j’avais choisi. Au milieu des autres. J’ai tendu ma main et, sans rien dire, je l’ai emmené dans l’autre pièce. Pour se retrouver juste tous les deux. Je le place devant moi. Il se laisse faire. Ne bouge pas. Il sait ce qui l’attend.

    Je le maintiens de la main gauche. De la droite, je saisis le couteau qui est sur la table. La fenêtre laisse passer un rayon de soleil juste sur sa lame, comme pour l’illuminer, la rendre brillante. Comme le serait une arme royale.

    D’un geste sûr, je place le couteau sur sa peau. Je sais ce que je fais. J’appuie. Elle résiste, s’enfonce sous mon geste, fait deux petits bourrelets de chaque côté. Il n’est pas assez aiguisé. Il me faut appuyer plus fort. Soudain, la peau éclate, entamée. Il transpire un peu mais ne bouge pas, je le tiens fermement.

    Je fais avancer la lame sous sa peau dans un petit va et vient, comme on découperait une tranche de saumon, horizontalement. Doucement, patiemment. Jusqu’au bout. La lame du couteau ressort de l’autre côté, à peine salie. Je me débarrasse du lambeau devenu inutile.

    De la pointe maintenant, je grave un long trait à partir de la découpe. Puis en dessine un deuxième. J’aime bien faire ça. Un plaisir voluptueux à manipuler cette lame, à trancher dans la peau. Jusqu’à en saliver. Au troisième trait, quelques gouttes s’échappent, je suis allée un peu trop profond. Il faut que je fasse plus attention. Mieux maîtriser ma force. Une dernière longue incision et je repose le couteau. Je m’essuie la main en regardant le résultat : parfait.

    Je m'arrête un instant. Puis reprends mon oeuvre. Au niveau de la découpe, j’insère un ongle sous la peau et force le passage. La chair apparaît, luisante. Entre deux incisions, la peau se détache. Quelquefois, je dois gratter de l’ongle, à la limite des chairs, pour tout enlever en une seule épaisseur. Décollée sur plus des trois-quarts de la surface, je finis par tirer dessus pour l’arracher. Tout est à vif maintenant.

    Alors je plonge mes deux pouces à l’intérieur, sans ménagement, pour écarteler les chairs. J’en extirpe des morceaux que j’avale immédiatement. Ça gicle de partout, ça me dégouline sur les doigts. Je les lèche pour ne rien perdre. Et je mange. Tout.

    Il ne me reste plus qu’à me laver les mains. Je repasse devant le panier de fruits : il y a encore deux pamplemousses. Mais ce soir, je crois que je me contenterai d'un yaourt.

     

    Dialogue

    Une petite faille dans un paysage onirique

                Pour s’y accrocher

    S’y noyer

    S’y abreuver

    S’y enfoncer

                Pour conquérir

    S’y reposer

    S’y installer

    Y dévaster

                Envahir

    Tout brûler

    Et semer      

                Anarchiste !

    Premières fois

    J’aime les premières fois, de celles qui nous font aller vers l’inconnu, qui nous poussent à découvrir, à essayer, à apprendre à aimer, ne jamais savoir à quoi s’attendre, le plaisir des débuts, la surprise parfois. La petite pointe d’adrénaline de l’improvisation.

     

    Pour d’autres, la première fois s’apparente plus à l'enfer ; certains ont besoin de temps et d'expériences diverses pour apprivoiser les choses. Leurs premières fois sont rarement positives ; du moins, elles ne leur laissent jamais de souvenirs agréables. Parce que pour eux, les bons souvenirs ne manqueront pas les fois d'après. Parce qu’ils sauront. Parce qu’ils maîtriseront.

     

    Mais se contenter de premières fois est-ce que ça ne serait pas aussi se contenter d’à peu près, d’amateurisme ? Ne pas se remettre en question pour être meilleur ? Ne jamais faire qu’approcher, sans approfondir ? Peut-être…

     

    Mais c’est si bon d’effleurer, ne chercher que le plaisir, ignorer les contraintes ! Parce qu’on n’est jamais aussi performant qu’une première fois, on découvre, on veut tout donner, tout prendre, profiter de tout, offrir le meilleur de soi-même… on a rarement l’occasion de (se) faire deux fois une première bonne impression alors on s’investit corps et âme dans la nouveauté, boosté par la curiosité, l’envie de savoir, de rencontrer, d’essayer…

     

    Et les premières fois passées, lorsqu’une espèce de routine sage s’installe, tenter d’autres premières fois… vivre en "continuelle première fois", sans aucun voile de l'habitude.

     

     

     [...] toute relation amoureuse repose sur des conventions non écrites que ceux qui s'aiment concluent inconsidérément dans les premières semaines de leur amour. Ils sont encore dans une sorte de rêve, mais en même temps, sans le savoir, ils rédigent, en juristes intraitables, les clauses détaillées de leur contrat. Oh ! amants, soyez prudents en ces premiers jours dangereux ! Si vous portez à l'autre son petit déjeuner au lit, vous devrez le lui porter à jamais si vous ne voulez pas être accusés de non-amour et de trahison. (Milan Kundera)

    ... et bonne année !!

    Avis : les personnes de moins de 18 ans sont priées de quitter immédiatement ce billet. Et on ne discute pas !

    – J’ai les pieds gelés
    – Je pourrais te les réchauffer
    – Ah oui, j’imagine bien… couché sur le parquet, mes pieds sur ton ventre chaud…
    – Oui ton esclave soumis !
    – Tu veux ?
    – Oui, tout ce que tu veux. Ça pourrait être sympa d’être ton esclave toute une soirée
    – J’aime bien l’idée
    – Moi aussi. Ça te tente ?
    – Pour les pieds, oui !
    – Pas de soucis, mais même pour tout autre désir
    – Alors viens
    – Maintenant ?
    – Pourquoi pas !
    – J’arrive

    Quelques instants plus tard, j’avais les pieds bien au chaud tout en sirotant un cocktail maison.

     

    Du bout des orteils, je sens que la situation lui fait bien plaisir. Sa main, qui se contentait jusque là de me caresser les pieds, se promène sous ma jupe, le long de ma jambe. Je l’arrête avant qu’il n’aille plus loin : je veux prendre une douche d’abord. Et puisqu’il est là… D’un long baiser tendre et sensuel, je retrouve la douceur incroyable de sa peau, de ses lèvres. Viens avec moi…

     

    Dans la salle de bains, musique, chauffage à fond et on entre tous deux dans la cabine. L’eau chaude est agréable. Mais lorsqu’il commence à enduire mon corps de Tahiti à la menthe, la pression monte. Je frotte mes seins contre son torse. Ses mains s’attardent sur mes fesses. Nos deux corps glissent l’un contre l’autre avec bonheur. Tout n’est que chaleur et douceur.

    Il se laisse tomber doucement à mes pieds. Dans l’exiguïté de la douche, je fais de mon mieux pour laisser le champ libre à sa bouche. L’eau chaude me coule dans le dos, la vapeur commence à envahir notre petit espace. Je ne vois que ces cheveux noirs et son nez écrasé sur mon bas-ventre. Je ferme les yeux, c’est si bon…

    Lorsqu’il se redresse, je me retourne contre la paroi translucide. Il se colle à moi tout du long pendant que je dirige la pomme de douche entre mes jambes. Je sens son membre tendu glisser dans mon dos, s’emboîter entre mes fesses. C’est tentant, trop tentant. Il n’attend que mon autorisation pour s’insérer. Je repose la douchette, je me cambre et, d’une main, le dirige droit vers celui que Serge décrivait comme le moins lisse. Il s’introduit en douceur, l’accès lui résiste à peine. Mes deux mains plaquées sur la paroi translucide, le dos creusé, je le sens pénétrer puis se retirer lentement, une fois, deux fois. Le passage jusque là un peu étroit s’adapte à son envergure et il ne me reste que cette émotion délicieuse de le sentir si dur en moi, tout excité à l’idée de me prendre par ce chemin détourné. Alors j’en veux plus, et plus fort ! Il obéit immédiatement. Accroché à mes hanches, il devient plus rapide et s’enfonce toujours plus loin. Les produits de douche tombent les uns après les autres bruyamment. C’en est trop, je crie sous ses coups, mes ongles cherchent inutilement à s’agripper à la paroi, tout mon corps exulte d’un plaisir bestial qui me laisse sans souffle. Il reste en place quelques secondes, puis se retire en douceur, toujours aussi tendu. Il prendra son pied tout à l’heure.

    Dans l’immédiat, je lui tends un petit rasoir. À lui de préparer son terrain de jeu, de le rafraîchir pour un maximum de confort. Il est un peu mal à l’aise, il n’a jamais fait. Je lui montre les premiers gestes et lui passe le relais. Il s’applique, met toute son attention à ne rien oublier. Le pied posé sur un rebord de la douche, écartelée, je surveille ses mouvements. Le voir ainsi s’occuper de mon intimité relance mes hormones. Je maîtrise au mieux mon impatience jusqu’à la fin de l’opération. Une fois celle-ci terminée, je promène une dernière fois l’eau chaude sur nos deux corps, il est temps de sortir.

     

    Je le rejoins sur le lit, juste vêtue d’une paire de bas noirs. Il sait ce que j’attends de lui, il n’a aucune hésitation et vient se placer immédiatement entre mes jambes. Je n’ai nullement besoin de dire quoi que ce soit, il maîtrise. Je ne saurais même pas dire ce qu’il fait ni comment il le fait mais mon corps réagit immédiatement sous ses coups de langue experts. La pression monte dans mon ventre comme une boule de feu, plus rien n’existe autour de moi que ce désir qui me déchire les tripes, je ne sais plus que murmurer des encore jusqu’à ce que tout cet excès de sensations explose en une euphorique jouissance.

    Un peu de douceur, un peu de caresses légères et très vite il m’en faut à nouveau. Pas de pause pour lui, je veux revivre ces instants de délectation intense. Je ne suis pas plus raisonnable que certains devant une boîte de chocolats. Surtout qu’il laisse la boîte ouverte pour que je me serve, que je me régale. Et je ne m’en prive pas. De nouveau sa langue s’active. De nouveau des envies impétueuses me taraudent l’intérieur. Sans relâche, il me pousse aux limites du supportable jusqu’à ce que je ne tienne plus, jusqu’à ce mon corps, ivre de plaisir, ne supporte plus la moindre caresse, le moindre effleurement.

    Je déniche de dessous le lit un de mes copains de solitude de belle taille et le lui tend. D’une main délicate, il écarte largement les lèvres et de l’autre m’enfonce l’objet lentement. Je n’offre aucune résistance à cet étranger bien au contraire, je l’absorbe avec volupté. La tête légèrement penchée, les yeux rivés sur son geste, il semble fasciné par ces disparitions et réapparitions régulières. La chaleur de sa main posée sur ma peau, cette chose qui vient fouiller mon intimité sans vergogne, l’indécence de son regard, tout concourre à embraser mon ventre d’une flamme qu’il ne pourra pas éteindre ainsi.

    Alors je me retourne, je me cambre au maximum et lui laisse le choix. Dans l’état où je suis, il peut faire tout ce qu’il veut, tout ne sera que régal pour mon corps insatiable. Il n’hésite guère devant la vue que je lui offre. Pas besoin de mon aide cette fois pour le guider, il le veut, il l’aura, il me pénètre d’un coup. La sensation est extraordinaire dans son mélange de légère douleur, d’apaisement et d’excitation. Toute mon attention est centrée sur ce savoureux envahissement. Je le sens aller et venir, si encombrant et si doux, si bon et si fort. D’un coup, il devient plus violent, plus raide et, enfin, le soulagement s’empare de nous.

     

    De retour au salon, après la cigarette, on attaque une terrine de pintade. Il s’est rhabillé à moitié, j’ai passé rapidement une longue jupe et un large pull qui me laisse les épaules découvertes. Ça fait du bien de manger, de retrouver le calme, de reprendre des forces. Surtout reprendre des forces parce que, oui, j’ai encore envie. J’ai encore envie de sa bouche, de sa langue, de ce bonheur qu’il sait si bien me procurer. Sans rechigner, il se glisse sous ma jupe et satisfait à mon exigence de démesure, s’attache à me fournir les meilleures émotions, les plus grandes agitations, dans le seul but d’affoler mes sens et de me voir totalement abandonnée sous l’emprise de la jouissance.

    Il ne tient plus, lui aussi veut sa part de plaisir. Alors je m’agenouille sur le canapé et d’une main l’attrape fermement. Ma langue commence quelques allers et retour tout du long, Devant, derrière, je ne laisse pas un endroit de sec. Il est entièrement rasé, c’est un bonheur que de jouer avec lui. Et puis, d’un coup, je l’avale. Ma langue s’agite en tous sens, mes deux mains vont et viennent au rythme de ma bouche. Son souffle a changé, son bassin bouge un peu, il aime. Encore un moment comme ça puis je descends un peu plus bas, une main sur son membre, l’autre entre ses cuisses et je lèche, je gobe, je touche partout, je bave partout. Je reviens à son extrémité, l’enfile à nouveau au plus profond de ma bouche. Mes mains s’activent joyeusement, j’aspire son désir, ma langue vient titille le méat, et soudain il se laisse aller dans un râle discret. Je le caresse encore un peu, tout doucement. Sur le bout du bout de ma langue, je nettoie les dernières gouttes puis l’abandonne à sa satisfaction.

     

    Accompagnée de deux bières, la terrine vit ses dernières minutes. Lui aussi, il doit repartir, il est attendu. J’essaye une dernière demande. Mais là il n’en peut plus, il a des crampes au niveau de la langue. Je me tourne vers lui en remontant mes pieds sur le canapé. Lentement, je tire ma jupe vers moi pour lui laisser entrevoir mes jambes gainées de noir. J’amène le tissu jusqu’à mon ventre. Cuisses ouvertes, totalement offerte, je l’encourage à utiliser ses doigts puisque sa bouche est hors service. Je promène doucement mes mains sur l’intérieur de mes cuisses pour le tenter. Qu’il ne voit plus que ce qui s’y trouve au milieu. Un petit sourire et il approche sa main, glisse son index, puis le majeur. Je le regarde faire. C’était bien pour me faire plaisir mais, finalement, il y prend goût. Cette situation impudique ravive son envie. Il remonte à ma hauteur et s’insère naturellement entre mes cuisses. Chaleur de son membre tendu, douceur des mouvements, il me fait l’amour. D’abord attentif à mes réactions, il en vient vite à m’oublier pour ne plus s’intéresser qu’à son propre plaisir. Le rythme s’accélère, son souffle se fait plus rapide, brusquement il ressort pour aller s’achever, librement, entre ma main et mon ventre. Je reste un instant sans bouger, heureuse de le savoir heureux.

     

    Il n'y a plus de terrine, les bières sont finies, le cendrier se remplit. Encore s'il te plaît, encore ! Non, sauvé par le gong. Enfin, par la sonnerie de son téléphone. On l’attend, il doit absolument y aller. Dommage…

    Moi j’aime bien les 20 et des poussières. Et dire qu’il y en a qui se demandent pourquoi… Bonne année !

     

    J'ai faim

    Certains se suffisent d’une cantine ; toujours le même décor, toujours le même menu. Il y a l’entrée, le plat, le dessert. Quelquefois, on se passe de l’entrée, pas le temps ; d’autres fois c’est le dessert qui n’est pas là. De temps à autre une épice vient changer le quotidien, quelques variantes dans les sauces pour ne pas trop se lasser.  Mais on l’aime bien cette cantine, elle est là, tous les jours ; on est habitué à ses murs, ses tables, ses plats alignés. On sait où on va trouver les assiettes que l’on aime, on passera toujours à côté de celles qui ne nous tentent pas, elles ne nous ont jamais tentées ; d’ailleurs on ne les voit même plus. Pas d’inconnu, toujours la même cuisine de base ; pas de questions à se poser, de savoir ce que l’on va y trouver ; pas d’exotisme, pas de risques. Et c’est bien. On y va sans même réfléchir, c’est simple, elle fait partie de la routine, rythme la journée. Quelquefois, on se dit bien que ça serait sympa d’aller manger ailleurs, un autre cadre, un autre service, une autre cuisine ; mais à quoi bon, ici on est un habitué, on est connu, reconnu, on sait ce qui nous fait plaisir ; on se sent chez soi et ça rassure.

    Je n’ai pas de cantine. Je n’en ai plus. J’ai décidé il y a quelques années de casser cette monotonie, de retrouver ma liberté de choix. D’aller goûter autre chose, de voir d’autres lieux, rencontrer d’autres parfums. Et j’ai aimé chercher, dénicher, demander, trouver par hasard quelquefois, d’autres lieux de restauration, d’autres menus : des petites cuisines familiales et de grandes tables, du traditionnel et de l’exotique, des gargotes et des auberges. Bien sûr, je ne suis pas toujours tombée sur des cartes qui méritaient le déplacement, mais la nouveauté a toujours cet attrait sympathique. Il m’est arrivé de ne manger qu’une seule fois à un endroit, juste parce que l’occasion d’y retourner ne s’est pas présentée ou parce qu’il ne m’apportait rien de plus. Mais la plupart du temps, j’aime à tester différents plats de la carte ; j’aime aussi retrouver un mets que j’ai particulièrement apprécié. Alors, durant quelques semaines, le restaurant devient réfectoire. J’y mange régulièrement mais pas tous les jours, ça n’est quand même pas une cantine. C’est aussi ce qui en fait la différence, on peut s’y gaver, se remplir pour n’avoir plus besoin de manger avant deux ou trois jours. Jusqu’à ce qu’une autre adresse me tente.

    Aujourd’hui j’ai faim. Depuis ce matin, petit à petit, insidieusement, le besoin de nourriture s’est installé. Malgré le petit encas que je me suis préparée tout à l’heure. Ah, la frustration du sandwich… Il comble la faim mais pas l’envie de manger. On se le prépare rapidement, debout dans la cuisine, avec ce qui nous tombe sous la main. Il se mange vite, seul, sans couverts, sans mise en scène, juste pour remplir un vide. Mais il n’y a pas cette satisfaction de partager le repas, de prendre son temps pour l’apprécier ; il manque cette attente entre deux plats, ces instants où l’on goûte encore ce qu’on vient d’ingérer, où le corps se repose avant d’attaquer le mets suivant, où les papilles émoustillées par cet avant-propos se préparent à se faire plaisir avec le suivant. Un autre, et un autre encore, jusqu’à ce qu’on n'en puisse plus, jusqu’à ce sentiment de volupté quand le corps et l’esprit sont pleinement satisfaits.

    Cependant, lorsque jour après jour, le sandwich est cantine, le sentiment de frustration s’évapore doucement. On oublie tout ce qui fait le charme d’un repas digne de ce nom. Au début, on se contente de contrecarrer la faim. Petit à petit, on se suffit de ces courts instants d’apaisement. Ils en deviennent satisfaisants.

    Jusqu’à ce que quelqu’un, comme toi, m’entraîne à nouveau au restaurant, me fasse retrouver le bonheur d’être assis là, de se faire servir, de se faire plaisir. Jusqu’à ce que tu me redonnes cet appétit, que tu me rappelles comme il est bon de prendre son temps, d’être bien, de profiter de ce contentement du corps. Dès lors, je ne peux plus me contenter d’un vulgaire sandwich, je ne le veux plus. J’ai envie d’être en permanence dans cette sorte d’état de grâce corporel.

    Sauf que tu n’es pas là. Que tu me laisses avec ma faim. Que je suis de nouveau retournée à mes ridicules mais incontournables encas.

    "C'est lorsque les choses s'améliorent que le sentiment de manque et de frustration s'exaspère"