| Coloquinte's profileLe monde de ColoquintePhotosBlogLists | Help |
Brainstorming
– Arrête de respirer, ça me donne envie… – Que j’aime entendre ça le matin ! – … – Euh… tu peux faire ça rapidement ? Le réveil va sonner dans cinq minutes. – Non, ça je ne peux pas. – Ah. – Mais si on prend sur le temps du petit déjeuner, c’est faisable, non ? – Yeahhh ! – Mais arrête la sonnerie du réveil maintenant, sinon ça risque de déconcentrer. – Ou alors, on s’y met dès que ça sonne. – Ça marche !
Quelques tendres caresses pour laisser filer les minutes restantes puis, dès que l’alarme s’est mise en route, il est venu coller son corps contre le mien pour me faire l’amour, tout en douceur. Pas de passion, pas de violence, mes mains se promènent sur son torse pendant que je me concentre sur mon bas-ventre pour lui offrir plus de sensations.
Quand je pense à la manière dont j’ai découvert un jour les effets des contractions dans ces moments d’intimité intense... Jeanne Cherhal a une façon délicate de présenter la chose : « On peut parfois prendre peur car le corps a ses horreurs ». Pour ma part, j’avais dû manger, non pas du cassoulet parce qu’il ne fait pas partie de mes menus, mais quelque chose d’équivalent en termes de conséquences digestives. Autrement dit, comment faire l’amour quand les intestins, massés de l’intérieur, menacent d’exploser ? Comment contenir le coup de grisou qui ruinerait définitivement toute relation sociale immédiate et probablement ultérieure ? Pas d’autre choix que de tout bloquer pour empêcher la moindre fuite. Hardis les muscles fessiers et abdominaux, entraînant dans leurs efforts la contraction du vagin et celle des orteils. Bon, les orteils, je ne suis pas sûre que ça puisse entrer en ligne de compte dans un tel cas mais pour ce qui est du reste, le monsieur qui batifolait à l’intérieur s’en est trouvé tout chose ! Après ça, je ne me suis pas mise au régime cassoulet pour autant et j’ai même évité soigneusement tout aliment générateur de flatulences mais j’avais chopé le truc pour jouer l’étoile de mer tout en satisfaisant mon partenaire. Cela dit, la méthode n’est pas de tout repos, il m’est arrivé quelquefois d’en avoir des courbatures ! Quand on ne fait pas de sport comme moi, c’est toujours bon à prendre.
Enfin, quand je dis que je ne fais pas de sport, j’en ai quand même fait pendant quelques années. Mais à cette époque, je travaillais exclusivement chez moi ce qui me permettait de m’organiser et de fréquenter les salles très régulièrement en choisissant les créneaux horaires les plus calmes. Aujourd’hui, j’ai encore des journées à la maison, mais elles se placent très aléatoirement dans mon planning. Comme hier par exemple, où j’ai pu enfin nettoyer ma cour et tailler les hortensias entre deux ondées.
J’ai même pris le temps de me défouler au téléphone auprès d’une jeune femme qui voulait absolument me vendre les services d’une société employant des personnes handicapées. Au départ, j’avais juste dit non merci. Mais elle m’a demandé pourquoi. – Pourquoi ? Parce que je n’ai pas besoin de vos services ! – Mais ce sont des travailleurs handicapés ! – Et alors ? – Ce serait un geste de générosité ! – Autrement dit, vous essayez de susciter ma pitié pour que j’achète chez vous ? – Non, pas de la pitié, mais pour aider des gens en difficulté. – Donc, sous prétexte d’humanité, vous sollicitez les entreprises pour qu’elles commandent des services inutiles auprès d’établissements non concurrentiels. Ne trouvez-vous pas ça pour le moins incongru ? – Pardon ? – La charité se place sur le plan humain, l’entreprise sur un plan économique. Si vous m’aviez sollicité à la sortie de la messe, je vous aurais probablement laissé une petite pièce et sans même rien demander d’autre en échange. Mais vous m’appelez au titre de la société. Je vous rappelle que, dans un cadre économique, une entreprise se doit de veiller scrupuleusement à sa trésorerie, ne serait-ce que pour pouvoir payer ses employés à la fin du mois. Comment pouvez-vous imaginer que je débite mon compte à votre profit sans comparer, examiner, négocier au préalable ce que vous m’offrez ? Pensez-vous qu’il puisse y avoir, toujours du point de vue économique, deux poids deux mesures selon la tête du fournisseur ? Maintenant, si vous argumentez commercialement, par exemple en me disant que vos services sont de meilleure qualité que les autres ou vos tarifs moins chers, là je peux prendre le temps de vous écouter. Mais jouer la carte du handicap ne sera jamais à mes yeux un élément décisionnel pour l’entreprise. – Mais… – Mais peut-être que vous imaginez, comme beaucoup, que toutes les sociétés ressemblent à celles qu’on voit à la télé : blindées d’argent à ne savoir qu’en faire, assumant sans sourciller quelques millions de perte, et dont les patrons semblent n’avoir pour seul objectif que de s’en mettre plein les poches ? Ce n’est pas à vous que je m’en prends Madame, mais peut-être faudrait-il faire réviser votre fichier d’appel et éviter de solliciter les structures de taille artisanale comme la mienne où, régulièrement, on se pose la question de savoir si on pourra verser les salaires ce mois-ci ! Appelez-les donc ces grosses entreprises… si vous arrivez à passer le barrage du standard. Mais n’essayez pas de me faire culpabiliser en laissant entendre, par mon refus, que je n’ai pas de cœur. – Je comprends et je suis désolée de vous avoir fait perdre votre temps. Excusez-moi encore, bonne journée ! – Bonne journée à vous aussi, et bon courage… – Merci.
Finalement, ça fait du bien de pouvoir dire ce qu’on pense de temps en temps. De s’arrêter un moment pour s’exprimer. Et puis ça m’a occupé, je n’avais plus d’ordinateur depuis quelques jours. Je l’ai récupéré hier soir seulement, va falloir que je travaille toute la journée de samedi pour récupérer le retard. Mais ça valait le coup de le rebooster, je n’ai plus le temps d’une cigarette pendant sa phase de démarrage ! Et puis, il faut aussi que je… Oups…
– Euh… excuse-moi, je crois que j’ai décroché là… – J’avais remarqué. – Je suis désolée, je suis partie dans mes pensées, je t’ai un peu oublié. – Pas grave. – Si c’est grave ! Moi je trouverais ça vexant même ! – Mais non, ne t’inquiète pas… je vais juste rester sur mon envie... – Je suis vraiment navrée…
Il s’est laissé retomber sur le côté et a posé sa tête contre mon épaule. Je crois que j’aurais du mal à trouver quelqu’un de plus gentil que lui, quelqu’un qui accepte aussi facilement mes défauts, mes gaffes, mes maladresses. Moi je n’aurais pas aimé.
Avec le recul, je me demande même si je ne me suis pas endormie, un petit peu…
C'est ainsiCe n’est pas quelqu’un qui me l’a dit, mais je sais qu’il m’aime.
Il sait que je le sais.
Et il sait aussi qu’il en souffrira un jour.
Mais il me dit qu’il est bien avec moi.
Il m’écrit des petits mots, pas trop souvent. Il m’appelle, juste de temps en temps Il ne demande rien, il écoute. Il est là, sans jamais s’imposer.
Moi je ne voulais pas qu’on m’aime, moi je voulais juste qu’on m’aime bien. Mais il est si doux d’être aimée ainsi…
De l'autre côté de mon regard
Ça commence par un après-midi de « pas envie de bosser ». Un après-midi à traîner sur le net. Rien de bien passionnant, l’écran a remplacé la télé, tu te balades d’un site à l’autre en te donnant l’impression d’avoir la liberté de choisir tes images, tes histoires… Je suis à un tournant de ma vie. J'ai fait des pieds et des mains pour travailler en horaires décalés histoire être seul à la maison pour garder les enfants. Un collègue sur le départ m'a fait découvrir un site de rencontres différent des autres, plutôt axé sur les rencontres amicales. Je m’y suis inscrit, mais sans conviction. Et puis un jour, quelqu’un de ce site m'invite à participer à un forum de discussion pour des sorties de dernière minute. Le principe est simple : on propose une idée (balade, concert, vélo, etc.) et si quelqu’un est intéressé, il se manifeste. Pourquoi pas ! Franchement les trucs de dernière minute, ça me connaît bien car, pour l'instant, mon organisation est voisine de zéro. Dans un sursaut d’énergie, je me dis que je ne peux pas passer mes journées à ressasser des idées à la con sur mon passé. J'en ai assez d'être lobotomisé. Allez, je poste une demande pour voir si quelqu'un est disponible ce mardi après midi. Je n’y crois pas vraiment et, surtout, je n'ai pas envie de me forcer à faire quoi que ce soit. Au détour d’une page, t’en trouves un qui glande autant que toi. Alors tu prends contact. Tu t’aperçois qu’il est motard aussi. Tu te dis que t’as du bol. Il fait presque chaud pour un mois de janvier, t’organises la rencontre. Pour une fois, t’es pas en retard, t'arrives en même temps que lui au point de rendez-vous. T’as presque l’impression que le monde est parfait. Une petite gonzesse me répond et me demande ce que j'ai prévu. Je ne m’attendais pas à ce que ça marche, alors je n'ai absolument rien prévu ! Je jette un œil sur sa fiche… et je ne vois qu'un mot : « moto ». Je lance l’idée, elle est d’accord pour une sortie moto. Au moins, si c'est un tonneau, j'aurai fait un tour de bécane, c’est déjà ça. Je n'ai vraiment pas envie de me faire chier avec une meuf, pour tout dire je suis un peu en froid avec le genre féminin. Sous le casque, tu trouves une bonne tête. T’es agréablement surprise. À la dernière rencontre internet, t’étais tombée sur du lourd. Du gentil mais du gras. Tu t’étais pas vraiment ennuyée mais, après, t’étais rentrée seule avec l’impression d’avoir gâché tes heures de liberté, que tu aurais pu trouver mieux à faire. Là, tu trouves le monde parfait. J'arrive à l'heure et j'aperçois une bécane jaune sur le coté gauche, c'est elle. Elle se gare derrière moi et vient à ma rencontre. Elle enlève son casque et… merde elle est super belle ! Tu l’entraînes avec toi sur des petites routes que tu connais bien. Ça faisait longtemps que tu les avais pas faites celles-là. T’es contente qu’il suive bien. Je ne connais pas le coin alors je la laisse décider. Elle me propose une traversée de Nancy, un peu d'autoroute et des petites routes sympas. Je roule juste derrière. Elle fait une pointe sur l'autoroute, je suis à plus de 210 pour lui coller le train mais ça me plait, tant pis pour le pauvre reliquat de mes points. Elle a de superbes fesses sur sa bécane, j'ai les idées un peu vagabondes. Je rate une entrée de virage, loupe un rapport et m'écrase les bonbons sur le réservoir. Petite frayeur. Tu te fais ta pause clope. Tu constates qu’il fume pas. T’en profites pour en savoir un peu plus sur lui. Juste un peu. Pour faire la conversation. Pause cigarette. Je dois récupérer mes gosses en fin d’après-midi, alors elle suggère de continuer encore une demi-heure et ensuite d'aller boire un café chez elle. Elle fait un peu la folle dans les virages et me fait une jolie peur en ville, entre une voiture et un camion. Je n'ai pas envie que le temps passe, je suis bien. Tu repars. Tu sais pas trop où, mais t’as pas envie d’arrêter de rouler. T'es bien. Tu finis par le ramener jusqu’à chez toi. Tu lui proposes un café. Il se contente d’eau chaude. T’aimes sa conversation, t’aimes sa voix, t’aimes ce qu’il est. On arrive chez elle, on boit un café et un thé, je la trouve belle comme un cœur. Mais je n'ose pas trop la dévisager, je ne veux pas paraître lourd ou maladroit et encore moins être qualifié d’obsédé. Quand il doit repartir, tu remets ton casque. Tu proposes de le raccompagner un bout, pour le mettre sur la bonne route. Tu le lâches sur l’autoroute pour te taper un sprint. T’as envie de te défouler, t’as envie de t’éclater, tu fais ce que tu sais que tu dois pas faire, avec bonheur. De toute façon, t’es invincible. Tu l’as perdu de vue depuis longtemps, mais t’es à fond. C’est sûr, le monde est parfait. Au moment de partir, elle me raccompagne sur l'autoroute. Elle me fume comme une balle, pas envie de suivre, j'ai des étoiles dans les yeux et des rêves plein la tête… Le soir, tu te poses des questions. T’as envie d’un copain juste copain. T’as envie de remplacer celui qui est parti. T’en as besoin. La dernière fois que t’en avais dégoté un, t’as à peine eu le temps de faire deux balades que tu te retrouvais dans son lit. T’avais plus eu envie de le revoir. Tu veux pas refaire la même connerie. Alors tu te dis que tu resteras à distance. T’y arriveras bien quand même. Faudra. Tu lui envoies un petit mot sur le net, juste pour le remercier. Il te répond qu’il a passé un bon moment aussi et qu’il a envie de remettre ça mardi. Mais mardi, tu dois faire changer ton pare-brise, t’en as pour trois heures à rien branler en attendant que ça se fasse. Alors il te propose de te récupérer là-bas, il te ramènera à ta voiture en fin d’après-midi. Tu le voyais tellement mal ce mardi paumé à traîner dans la zone commerciale que tu sautes sur l’offre sans réfléchir. Le soir, je prends juste le temps d'aller faire une visite éclair sur le site pour la remercier de cette journée. Elle m'a déjà envoyé un petit mot, ça me fait plaisir. Quelques rares échanges pendant la semaine, mais elle ne quitte pas mes pensées. Je suis trop nase, je ne suis pas beau, tiens peut être une occasion de se revoir en allant la chercher chez Carglass… Ça marche ! Depuis le matin, t’as décidé de mettre un jean et un gros pull. Rester à distance, rien provoquer. Mais t’y arrives pas. T’as viré le gros pull pour un plus fin. T’as pas non plus envie d’avoir l’air d’un sac. Tu rajoutes un gilet pour cacher tes arrières. Pas tenter. Tu devrais être déjà partie mais tu sais plus quoi mettre par-dessus. Ta polaire est trop nase. T’as rien qui va avec le jean. Tu vires le gilet pour un sweat. Mais tu vas avoir froid avec ça. Tu remets le gilet. Finalement, tu vas piquer la veste de ta fille. Ce matin, j’ai décidé d’aller à la musculation histoire de me fatiguer un peu. Je viens de passer quelques nuits blanches en pensées mais j'ai une super forme. Et c'est un peu gênant. Je ne sais pas pourquoi mais en tout cas c'est ce que je ressens. Je passe devant un salon de thé : tiens, des chocolats noirs… ça fait toujours plaisir ! T’arrives en retard bien sûr. Lui t’attend déjà depuis un petit moment. Tu le feras attendre encore un peu plus le temps de faire les papiers. Tu grimpes dans sa voiture. Fait trop mauvais pour sortir la moto. Tu lui proposes d’aller prendre un verre en vieille ville. T’as ta fille à la maison, t’as pas envie de faire les présentations. Elle arrive dans un beau petit jean sympa comme tout, J’avais bien remarqué qu'elle était bien gaulée sous sa combinaison de moto ! Elle me propose d'aller boire un verre soit chez elle soit dans un café. Pas envie d'aller chez elle, il y a sa fille, j'ai envie de la regarder tranquillement. Tu te cales sur la banquette, tu te prends un café. Lui est toujours à l’eau chaude. Il te raconte sa vie, son boulot. Tu comprends maintenant pourquoi il a du temps libre en semaine. Tu l’écoutes parler. Tu te racontes aussi. Un peu. Juste ce que t'as envie qu’il sache. T’as fini ton café. Tu joues avec la cuillère. Tu joues avec le sucre. Tu fais semblant de grignoter tes ongles. T’es pas franchement détendue. T’as besoin d’une cigarette. Pas de nicotine, juste de quoi occuper tes mains. Trois semaines plus tôt, t’en aurais déjà grillé quatre. T’aurais pas été plus zen mais t'aurais su quoi faire de tes doigts. Là, il est juste en face de toi. Tu sais que tu n’es jamais à l’aise en tête à tête. Tu le fais juste croire. Et ça marche bien. Sauf que là, t’as pas la clope pour cacher ton malaise. Tu te rends compte que ton regard le fuit. T’essaies de recadrer mais ça dure pas longtemps. Si t’avais voulu le draguer, t’aurais su. T’aurais maîtrisé. Si t’avais voulu l’ignorer aussi. Là t’es dans l’impasse, tu sais pas comment faire. Au café, je parle trop, je lui coupe la parole, elle me parle de ses angoisses, tripotes ses ongles. Elle me plait. Je décroche quelques fois. Sa voix me fait du bien, je suis bien et enfin je suis moi, peut-être trop ironique ou trop... mais je suis moi. Tu proposes une balade à pieds. Il croit que c’est pour la cigarette. C’est presque ça. Tu vas même jusqu’à payer au comptoir pour plus être en face. Dehors, tu te sens mieux. T’allumes immédiatement ta clope pour confirmer. Tu l’emmènes dans le parc. Le vent est froid, il garde les mains dans les poches. Toi aussi. Il te prend l’idée de passer par la ruelle. Juste parce qu’elle est à l’abri du vent. Et parce que tu l’aimes bien cette ruelle. Du moins, tu l’aimes bien de nuit. T’es déçue de la voir de jour avec ses poubelles et ses voitures. Tant pis. Ça te fait penser à un autre copain. T’avais eu envie de lui prendre la main en marchant mais t’avais pas osé. Tu savais pas trop sur quel pied danser avec lui. Là, tu sais. T’as envie, tu trouverais ça très agréable mais tu le feras pas. Surtout pas. Tu continues à discuter de choses et d’autres. On va faire une balade dans le parc. Elle a froid, je le sens. J'ai envie de la prendre par la taille mais je me retiens : pas trop vite, je ne suis certainement qu'une simple connaissance pour elle. Tu te demandes tout soudain comment il a pu interpréter ton choix de passer par la ruelle. Le vent, c’est la version officielle, d’accord. Mais si t’avais voulu un endroit discret, à l’abri des regards, t’aurais pas pu faire meilleur choix. T’avais pas pensé à ça avant. Tu te dis qu’il n’y a pas pensé non plus. Ou que s’il y a pensé, il a préféré l’ignorer. Alors tu tentes de te convaincre que tout va bien. Pas d’ambiguïté. Tiens, un petit détour dans une ruelle... endroit idéal pour se faire des bisous dans les coins ! Mais je n'ose pas la prendre dans mes bras, alors je me raconte. Quelle misère ce doit être à m’écouter ! Il te ramène dans la zone commerciale pour récupérer ta voiture. T’as plus rien à dire. Tu réflexionnes sur les indications du tableau de bord. Il saute sur le sujet et en rajoute. Tu vois bien qu’il retarde le moment de se séparer. T’allais te barrer quand il te sort un paquet de chocolats de la boîte à gants. T’es toute contente et t’en conclues que quand tu couches pas tout de suite, t’as des cadeaux. Tu montes dans ta bagnole et tu te dis que t’as passé un super moment. Et que tu vas lui réserver tous tes mardis après-midi. On retourne chez Carglass. Je n'arrive pas me décider à démarrer la voiture. Comment ne pas être beauf en lui offrant les chocolats ? Il faut y aller. Le tapis rouge, ou plutôt les chocolats, c'est une sortie honorable pour un mauvais. T'essaie de faire le point dans ta tête. Déjà te rappeler son prénom. Pas si facile. Pis comment il était habillé. T'en as aucune idée. T'as vaguement l'impression qu'il a une barbe, ou quelque chose comme ça, mais t'en es pas sûr. Tu te rends compte que tu l'as jamais regardé vraiment. Tout ce que tu sais, c'est que tu tiendras pas. Tu pourras pas laisser les choses en l’état. T’as rien à lui reprocher. Donc rien pour t’en décrocher. Tu vois bien que tu peux pas t’en faire juste un copain, c’est pas ton truc. Mais t’aimes bien cette situation. T’as envie d’être aimée, rien que pour toi. Encore un peu. Alors tu changes tes plans. Tu calcules. Tu te dis qu’au troisième rencard, tu lui en donneras un peu plus. Mais pas trop. Juste de quoi l’attacher. Tu lui écris seulement que le temps a passé trop vite avec lui. Petit mot sur le site : elle me réserve ses mardis après-midi. Bon alors ça va ! Tu trouves un message sur ton répondeur. Il te dit qu’il voulait juste entendre ta voix. T’es sûre maintenant qu’il est accroché. T’organises le mardi suivant. Et puis tu lui écris plus pendant deux jours. T’as autre chose à faire. Et rien à dire. Je n'arrive toujours pas à dormir mais je garde un petit espoir : le prochain mardi, on a prévu une balade en moto. Tu sais depuis plusieurs jours comment t'allais te fringuer ce mardi. T’as organisé tes lessives pour ça. T’as proposé un café chez toi suivi d’une sortie moto. Tu sais très bien que ça se limitera au café. T’as envoyé un mot au dernier moment pour dire que c’était pas un temps pour rouler. Et t’as mis une jupe. T’as planqué toute la vaisselle qui traînait sur l’évier. T’as arrangé le canapé et débarrassé les tables basses. Tu t’es lavée les dents pour pas sentir la clope. Pis t’en as allumée une quand même, t’es pas sensée lui rouler une pelle d’entrée de jeu. Fait chier, lundi soir il pleut à verse et les gamins n'ont pas d'école mardi. Merde, pas envie d'annuler, il faudra trouver une solution. Ça y est, j'ai trouvé une occupation pour les gamins cet après-midi au terrain de jeux et en plus il y a du soleil. Curieux, un dernier message : pas possible de faire de la moto à cause du temps. Serais-ce un piège ? Soit, allons-y en voiture. En fait, c'est peut-être mieux comme ça parce que, le caleçon long sous la combinaison, c'est vraiment pas top. Tu lui ouvres la porte. T’aurais dû l’embrasser sur la joue. Mais t’as pas contrôlé. T’as visé sa bouche. Ça te gêne et te fait sourire à moitié. Lui aussi. Tu t’étonnes du temps qu’il fait et puis tu vas te planquer à la cuisine pour faire chauffer son eau chaude et ton café. Tu t’en veux. Tu comprends pas ce qui t’a pris. T’avais pas prévu comme ça. Tu te concentres sur la flotte qui coule dans la tasse. T’es de nouveau mal à l’aise. T’essaies de pas trop fumer quand même. Tu prends un second café. J'arrive. Un bonjour bisous un peu bizarre… C'est qui ? C'est moi ? C'est elle ? J'espère que je ne l'ai pas choquée ! Elle est magnifique dans sa jupe noire, son pull blanc laisse voir son épaule droite et là, ça me rend fou ! On boit le café, elle virevolte du salon à la cuisine, part dans l’autre pièce répondre au téléphone, revient… Faut que tu sortes de là. Il fait beau, tu proposes une balade dans le cimetière. Ça le surprend. Là, tu commentes les tombes, les fleurs en plastiques, tu fais un détour par les plus connues. Il plaisante sur les choix de pierres, ou les noms, et constate que c’est un endroit particulièrement agréable. T’as ton manteau qui glisse un peu, il te le remonte doucement sur l’épaule. Tu te rends compte de l’impact de son geste. T’avais pourtant fait attention à ça aussi. Tu t’étais débrouillée pour te faire sauter trois fois ces deux derniers jours histoire de pas être réactive. Tu constates que t’as tout faux, ça marche pas comme ça. Ou c’était pas assez. T’essaie de penser à autre chose. T’essaie d’ignorer. De l’ignorer. Une petite promenade au cimetière, c’est une drôle d'idée… mais n'importe où avec elle ! Là, j'ai l'impression d'exister. Belle sortie au calme en fait, pleine de rires, j'ai envie de lui prendre la taille mais je n'ose pas. Tu proposes immédiatement un thé en rentrant. Tu te dis que ta cuisine c’est ta planque. Mais tu sais que tu peux pas rester là. Tu y retournes. T’allumes une cigarette. Y a de plus en plus de blancs dans la conversation. Il doit y aller. Tu proposes des bonbons. T’en prends un qui arrache la gueule. Tu te dis que ça devrait éliminer les odeurs de cigarettes. En tout cas, toi, tu sens plus rien. Retour à la maison. Un thé, elle reste là, je la regarde. Et cette épaule toute blanche que je couvrirais de baisers, cette épaule qui me rend fou… Je suis bien, pas envie de partir. Tu le raccompagnes à la porte. Tu t’attends à ce qu’il hésite à sortir mais il est déjà sur le trottoir. Tu vois bien que ça va pas le faire si tu le laisses partir comme ça. Alors tu l’attrapes quand il revient t’embrasser pour dire au-revoir. Tu te colles à sa bouche. Tu la trouves particulièrement douce. Ses gestes sont doux. Tout en lui est doux. Ça te suffit pas. T’es pas dans la douceur toi. T’es dans l’urgence. Dans la violence. Tu sais que tu lui plais. Alors tu te colles entièrement à lui. T’envahis sa bouche, tu forces de ta langue. Ta main dans son cou maintient sa tête. Ta cuisse tente de s'insérer entre ses jambes. Tu peux pas te contenter de sa bouche, tu veux tout. Tu te rends compte qu’il lui suffirait d’un geste un peu appuyé pour t’envoyer en l’air. Alors tu te reprends. Tu t’aperçois que tu comprends rien à ce qu’il dit. T’as les mots mais pas le sens. Ils arrivent tous mélangés dans ta tête. T’arrives pas à te concentrer dessus. T’essaies juste de te calmer. Tu lui dis qu’il vaut mieux qu’il se casse maintenant et tu claques la porte. C'est l'heure, je dois partir. Je me retourne, je suis prêt à la remercier pour cette journée et m'excuser pour le bonjour un peu raté, un peu osé de tout à l’heure mais ses lèvres se plaquent sur les miennes et… c'est magique ! J'ai 15 ans, un volcan dans le ventre et des nuages dans la tête. J'aimerais que le temps s'arrête, là, maintenant. Ça fait longtemps que je n'ai pas tenu une Femme dans mes bras, peut-être jamais… Et te v’là, devant ton écran, à essayer de balancer à travers le clavier toutes ces fichues émotions qui t’empêchent d’avancer droit. T’es là, tu déballes tout à des lecteurs anonymes ou presque, tu leur refiles tes états d’âme à béqueter, à broyer, à triturer. Mais tu t’en fous, tu leur donnes, t’en veux plus. Ils te prennent plus la tête maintenant qu’ils sont posés là. T’as trouvé, de toute façon, ce que tu savais déjà : y a des jeux auxquels faut pas que tu joues. Tu perds à tous les coups. Le soir, dans la voiture, j'ai le sang qui bout. Je fais des vannes plus grosses que moi, je me trompe de route…
Quand la bise fut venue
– Tu peux arrêter de faire semblant de dormir fillotte, mamie est partie ! – Mais… ? Comment tu as deviné que je faisais semblant de dormir ? – Parce que j’en faisais autant quand j’étais petite ! À la maison, il y avait les bisous obligatoires du matin et du soir. Le matin, je ne pouvais pas y couper sous peine de sévères reproches. Mais le soir, je fuyais de temps en temps cette contrainte. Oh, pas tous les soirs non plus, c’eut paru suspect.
Depuis que je suis maman à mon tour, je n’ai jamais instauré ce rituel ridicule. De même que je n’ai jamais obligé mes filles à embrasser les adultes que je rencontrais, qu’ils soient de la famille ou non. Je leur demandais juste de dire bonjour, le minimum de politesse, mais c’est tout. Et encore, si ça leur déplaisait vraiment, elles étaient autorisées à rester dans leur chambre discrètement.
Pour autant, les bisous n’étaient pas absents, au contraire. Seulement, ils avaient réellement une valeur, ils venaient d’un élan de joie, d’une affirmation de bonheur, d’un remerciement sincère. Ils arrivaient soudainement, n’importe quand.
En grandissant, elles en sont venues d’elles-mêmes aux bisous de politesse. En faisant le choix de faire plaisir à l’autre plutôt qu’écouter la répulsion que pouvait leur inspirer ce contact. Mais elles ont gardé également le bisou surprise, celui que l’on fait sans réfléchir, celui qu’on a vraiment envie de faire dans l’instant.
Lorsque Fille Première est née, il s’est passé trois jours entiers avant qu’il ne me vienne à l’idée de l’embrasser. Pourtant je l’adorais, je la câlinais, je l’avais dans les bras pratiquement tout le temps. Une après-midi, je lui ai fait un bisou, comme ça, pour voir. Ça faisait bizarre. Rien de très tendre dans ce geste. Et puis c’est venu, petit à petit.
Ce sont mes filles qui m’ont appris à oublier le côté conventionnel des embrassades, à en apprécier sincèrement le geste. Ce sont elles qui m’ont fait découvrir qu’avec un petit baiser spontané, les mots étaient inutiles.
Première rencontre
On se fait toujours plus ou moins une idée de ce que donnera une rencontre.
Jusqu'au moment où l'on s'est assis sur ce banc, tout me paraissait se dérouler de façon attendue. C'est ensuite qu'il aurait dû se passer quelque chose qui n'est pas arrivé. Non pas qu’il me saute dessus (quoique...) mais je m'attendais à un geste, un regard ou n'importe quoi qui aurait signalé la fin à la période d'observation pour passer à celle de l'action, du moins dans l'idée. À la place de ça, il m’a donné soudainement l'impression d'être sur la réserve ; et je ne me suis pas sentie le droit d'interférer dans sa bulle d'intimité. Ça refroidit bien des élans ça.
Jusqu'au moment de partir où il s'est laissé aller à m'accepter – oh, au moins trois secondes, le temps d’un baiser à peine effleuré – avant de se barrer en courant... Déstabilisant donc, mais pas inintéressant.
Messager heureux… Où va donc cet homme avec son bouquet de fleurs ?
Un bouquet aux couleurs bien rangées ou une plante verte en pot surmontée de quelques boutons, c’est généralement le dimanche midi que ça se promène le long du trottoir, le plus souvent porté par un sexagénaire vaillant. Il va très certainement déjeuner chez ses enfants ou rejoindre un couple de vieux amis. À la nuit tombée, dans un cellophane, une dizaine de fleurs de toutes tailles, de toutes couleurs : le jeune homme qui marche à grands pas rejoint probablement une tendre et chère amie qui l’attend impatiemment.
Mais celui-ci, avec sa parka bien chaude par-dessus le tablier vert de Nicolas le jardinier, avec ses moustaches et ses petites lunettes à la grand-papa, sous le froid soleil de cet après-midi d’hiver, où va cet homme avec ces splendides orchidées ? Il vient simplement sonner chez moi, juste m’échanger son bouquet contre une signature. Il a le sourire, il sait qu’il va faire plaisir. Il n’est que le messager et pourtant c’est lui qui remarquera tour à tour l’étonnement, puis la curiosité, et enfin l’effet de la surprise heureuse, c’est à lui que reviendra le merci bafouillé, c’est lui qui verra les yeux brouillés par l’émotion, c’est lui qui repartira le cœur joyeux d’avoir engendré ce petit moment de bonheur…
Les sensuelles orchidées trônent maintenant fièrement au beau milieu de mon salon. Lorsque les fleurs charnues se seront fanées, lorsque leurs drôles de corolles suggestives se seront repliées, alors tu seras là. Et c’est à toi que j’ouvrirai ma porte, c’est à toi que s’adresseront mes sourires, c’est à toi que je pourrai murmurer merci.
Confessions
Trouvé sur www.javoue.com :
« J'avoue que quand j'étais petite, j'écrasais les escargots qui rampaient joyeusement sur les murs de mon école avec de gros pavés. On m'avait dit qu'ils savaient reconstruire leur coquille. J'avais pas pensé que ce serait plus difficile, une fois morts. » Yahourt, 21 ans, Bruxelles
Je sais, je ferais mieux de travailler...
J'aime bien mes coms des fois !Je crois qu’on peut dire qu’on a réussi sa vie lorsque qu’on a suffisamment de moments heureux pour ne pas en souhaiter une autre.
Rajout Suite aux modifications MSN qui ont fait mon site tout orange : J'ai cru que j'avais un peu trop murri... suis toute potironnée !
15 secondes de bonheurEn grande majorité, mes céphalées durent deux à trois jours. Autrement dit, lorsque je me couche le soir avec un mal de tête qui m’a pourri la journée, je sais que je le retrouverai le lendemain matin. Sauf durant les 15 premières secondes de mon réveil. Ce n'est que lorsque je suis tout à fait réveillée que le mal de tête se réinstalle et que je me rends compte comme j’étais bien juste avant… Ces quelques instants de répit sont magiques alors même que je n’en prends conscience qu’après.
Il est des petits bonheurs dont on ne savoure l’existence que lorsqu’on vient de les perdre.
Une femme avec une femmeC’est quelquefois juste un jeu, une extension de liberté ou l’excitation de passer outre les interdits. Une dispersion. Ou alors c’est simplement un mode de vie, une attirance naturelle. Exclusivement.
La différence est flagrante : dans le premier cas, il me traîne un soupçon d’inachevé, le plaisir est incomplet, j’ai besoin d’un troisième pour donner du piquant au jeu. Alors que dans l’autre... je me sens aimée.
Sésame« Qui ne connaît pas le pouvoir des mots, ne peut connaître les hommes » Confucius. Ça fait toujours bien de citer Confucius. En même temps, il a dit tellement de trucs qu’il y a toujours moyen de le placer quelque part.
Cela étant, je m’étonne toujours du pouvoir des mots notamment lorsqu’ils expriment des sentiments difficiles. Ce matin encore, je suis tombée sur un billet qui, de toute évidence, a servi d’exutoire à son auteur. Un texte dicté par l’émotion, simplement inspiré par une lassitude de la vie, truffé de douleur et de culpabilité. De ces écrits défouloirs, sans plan, sans début ni fin précis, avec juste des phrases qui s’emboîtent les unes après les autres. Juste une envie de dire son mal-être. Mais l’auteur est allé jusqu’au bout de ses pensées et la structure du texte s’est imposée d’elle-même. À partir d’un désespoir anarchique, ses réflexions l’ont amené à une relativisation objective. Il lui aurait été probablement très difficile d’obtenir ce résultat sans passer par le blog, sans fournir l’effort nécessaire pour verbaliser de façon claire. Ses supposés visiteurs virtuels l’ont obligé à se diviser en deux : être en même temps auteur et lecteur. Être à la fois au centre de ses problèmes et étranger à ceux-ci. Et c’est bien là tout le pouvoir des mots : d’abord formaliser des idées de manière à ce qu’elles soient intelligibles pour les autres. Elles en deviennent alors compréhensibles pour soi-même. Et lorsque tous ces sentiments diffus sont matérialisés, on devient apte alors à les prendre, les trier, les jeter ou les garder.
Aujourd'hui, c'est la journée de...Hier, c'était la journée de la femme.
Aujourd'hui, c'est la journée de l'audition.
No comment.
Attente rhopaliqueIl est des soirs de solitudes, des soirs où l’on attend, sans aucune illusion pourtant, qu’un double bip annonce un message sur le portable, des soirs où l’on se demande si quelqu’un pensera à vous la semaine prochaine, des soirs où l’on s’imagine que quelqu’un, en ce moment même, du fond de son lit, s’invente un autre premier pas, un autre premier mot, alors qu’il sait bien qu’il ne le fera pas, parce que la vie est ainsi, parce qu’il n’osera pas la bousculer, ni sa vie ni la nôtre, des soirs où on ne se sent pas si mal finalement, parce que toutes ces inventions ne sont, en somme, que des rêves traînant un soupçon d’espérance aussi . Qui tu es toi...Bonsoir Dominique Bonsoir ! C'est drôle tu ne m'appelles jamais par mon prénom C'est vrai D'ailleurs, je n'appelle jamais personne Pas une raison Tu as une explication ? Sais pas Parce que ça n'est pas volontaire en fait Tendance à dire "bonsoir toi" histoire de personnaliser un peu... guère plus Oui, je le sais J’aimerais beaucoup que tu m'appelles par mon prénom Mais je ne veux pas te l'imposer J’aimerais juste
(…)
Bonjour Dominique Bonjour Nicolas ! Ça me fait tout bizarre d'écrire ça ! D’écrire quoi ? Ton prénom Ah ? Pas l'habitude sûrement Ça te mets mal à l'aise ? Moi ça me fait plaisir Alors c'est déjà ça Mais je trouve que ça sonne faux Ça sonne faux ? Pour moi, oui Tu préfères m'appeler autrement ? Faudrait que je réfléchisse au pourquoi je n'appelle jamais personne Si, tes filles peut-être ? C'est vrai qu'à elles, je leur donne leurs prénoms Mais bon, c'est surtout pour éviter la confusion Et aux hommes que tu croises ? Non, pas que je me souvienne Ou de rares fois, dans des moments privilégiés Ton ex mari ? Mon ex-mari, au même titre que mes filles, quand c'est l'heure d'aller à table par exemple ! Mais très rarement finalement Du mal à reconnaître les autres, peut-être (sans que cela soit péjoratif dans mon esprit) ? Du mal à accepter leur identité propre ? Oui Supposition : dépersonnalisation pour ne pas s'attacher Peut-être Mais si tu dépersonnalises, comment les dépersonnalisés peuvent-ils le vivre selon toi ? Personnellement je ne me sens pas reconnu Quand tu ne m'appelles pas par mon prénom Tu es le premier à me le faire remarquer Je crois que les autres font avec Te donner ton prénom suppose une certaine intimité Oui D'autant plus que ça n'est pas dans mes habitudes C'est peut-être ça qui sonne faux à mes yeux Nous ne sommes pas assez intimes pour que tu m'appelles par mon prénom, c'est çà ? Je le suppose Bien que l'intimité là ait un sens différent de l'usage courant Oui, on peut être "chosifié" et intime en même temps Exact J’aime l'intimité Mais pas être chosifié Dommage... Je sais Mais peut-être que ça impliquerait trop... ? Très certainement Appelles-moi comme tu le veux, je ne veux pas te forcer la main Même si j'aime qu'on m'appelle par mon prénom Je n'aime pas trop mon prénom (sauf son ambiguïté), ça m'est donc égal qu'on l'utilise ou non Tu préfères "Coloquinte" ? Souvent oui J’aime bien ce terme J’aime la sonorité de ce mot Ce presque nom Préfères-tu que je t'appelle Coloquinte ? Ça te paraît nécessaire de m'attribuer un nom ? De toutes façon je t'appellerai par un nom Comme les animaux domestiques... Mais tu peux choisir lequel Non, je te laisse ce choix Si nous ne nous étions pas rencontrés j'aurais continué à t'appeler Coloquinte Maintenant j'aurais un peu de mal Alors va pour Dominique
Chrysanth'aime...Nez à nez avec le livreur de fleurs qui vient de sonner, il me tend un gros bouquet aux couleurs rouges orangées.
Je prends, je remercie mais il ne part pas tout de suite. Quelque chose le gêne. Tout d’un coup, il se lance : - C’est des chrysanthèmes… je suis désolé, mais c’est ce qui a été commandé ! Parce qu’on n’a pas l’habitude de livrer des chrysanthèmes… Je ne sais pas pourquoi ce sont des chrysanthèmes qui ont été demandées mais c’était ce qu’il y avait de marqué, je vous assure !
Je m’amuse un moment à le laisser s’empêtrer dans ses excuses et finit par l’interrompre : - J’habite à côté d’un cimetière, ça doit être pour ça ! - Ah… - Et puis les couleurs sont jolies, non ? Bon, de toute évidence, je ne suis pas fâchée par son bouquet, il repart un peu rassuré. Un peu seulement…
Pourquoi n’offrirait-on pas de chrysanthèmes ? Je sais bien que c’est la fleur privilégiée des pierres tombales mais il me semble que c’est seulement parce que la saison des chrysanthèmes concorde avec la Toussaint, non ? Par acquis de conscience, j’ai recherché sur le net la signification de cette fleur. Et bien, elle n’est pas dans les listes ! Mais j’ai trouvé un commentaire à son sujet : « Jusqu’à il n’y a pas si longtemps, on n’offrait jamais de chrysanthèmes ni d’œillets, accusés de porter malheur, cela n’est plus vrai pour les œillets ». Du coup, je comprends mieux la réaction mitigée du fleuriste, il doit connaître la symbolique florale par cœur ! M’en fou moi, je n’y connais rien et je les trouve jolies, ça me suffit ! Quoique, sur le même site, j’y ai appris aussi que « glisser une rose rouge dans un bouquet, c’est déclarer son amour ». Et elle était bien cachée au milieu des chrysanthèmes…
Temps mort (!)J’ai des priorités dans la vie, non parce que je ne peux pas tout faire en même temps, mais parce que je veux prendre le temps de faire et d’apprécier ce que je fais. Alors, pause pour les blogs, en écriture comme en lecture, j’ai une fête à préparer.
En attendant que je revienne, un copié-collé d’un texte qui… enfin, voilà quoi :
Voici quelques raisons pourquoi nous, les garçons, nous aimons les filles : - Elles sentent toujours bon, même si ce n'est que du shampooing. - Leur tête trouve toujours leur place sur notre épaule. - Elles ont un air de bébés lorsqu'elles dorment. - Elles sont à l'aise lorsqu'elles dorment dans nos bras. - La façon qu'elle embrasse fait que tout va bien dans le monde. - Elles sont adorables lorsqu'elles mangent. - Elles prennent beaucoup de temps à se préparer, mais à la fin on voit que ça valait la peine. - Parce qu'elles ont toujours froid même s'il fait 30° dehors (pour qu'on les prenne dans nos bras). - La manière qu'elles ont de toujours bien porter leurs vêtements... et les nôtres. - Parce qu'elles ont toujours le dernier mot. - Leur main trouve toujours la nôtre. - Lorsqu'elles sourient. - Lorsqu'elles sont jalouses et nous questionnent sur tout. - Lorsqu'elles ne nous quittent pas du regard en soirée, de peur qu'une autre soit trop près de nous... - Comme on se sent lorsqu'on voit son numéro sur l'afficheur. - Lorsqu'elle dit « tu m'énerves, j'en ai marre ! » et qu'une heure plus tard on sait que... - La manière qu'elle embrasse lorsqu'on fait quelque chose de bien pour elle. - La manière qu'elle embrasse lorsqu'on lui dit « je t'aime ». - Sa façon de dire « je t'aime » sans prononcer les mots, juste avec le regard. - Lorsqu'elle se glisse entre nos bras pour pleurer. - Lorsqu'on les entend renifler lors d'une séquence triste de film. - Lorsqu'elles nous frappent avec leur petit poing jusqu'à ce que ça fasse mal (à elle). - Lorsqu'elles disent « tu me manques ». - La manière dont on peut s'ennuyer d'elles. - Leurs larmes font que l'on veut tout changer dans le monde pour que cela ne les blesse plus. - Qu'on l'aime, qu'on l'adore, on se dit qu'un jour elle deviendra tout pour soi. - Lorsqu'on la regarde dans les yeux, on se dit que la propre vie est inévitable sans les battements de son coeur contre le nôtre. - Lorsqu'on fait des projets d'avenir tous les deux. - Nous les aimons pour un million de raisons, aucun papier ne pourrait le justifier.
EnviesJ’allais partir, je t’ai vu arriver Alors je suis restée un peu Trouvé de quoi t’aborder Envie de te parler Envie de t’entendre
Mais pas ce que tu m’as dit J’ai reçu des mots vides Des mots de tous les jours Envie de plus Envie d’intimité
Surtout pas ce « bonne nuit » Quand tu as voulu partir J’ai essayé de te retenir Envie de continuer Envie de prolonger
J’aurais dû te laisser Pas tenter de m’accrocher Mais ce baiser t’a charmé Envie de douceur Envie de sensualité
Alors tu m’as dit les mots Presque ceux que j’attendais Je saurai m’en contenter Envie de toucher Envie de caresser
Envie de te le dire Envie de te l’écrire Envie de te bousculer Mais il me faut patienter Attendre que tu ais décidé
Papier mouchoirImagine un monde où ton écriture est enrhumée. Le premier mot rime avec le dernier mot de chaque phrase. (en 300 mots)
Extrait des devoirs de rentrée de Fille première...
|
|
|