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    Conte de fée

     

    Pour faire un bon conte de fée, il faut commencer par planter le décor : un château isolé, une chaumière au fond de la forêt, une masure dans un village bourgeois, une chambre d’ado, bref un endroit plus ou moins agréable mais dans un environnement hostile.

     

    Ensuite, il faut placer le personnage central : une simple bergère, une jeune fille malheureuse, une princesse en mal d’amour, n’importe qui du moment que ça attendrit le lecteur (statistiquement, une jolie nénette semble plus porteur d’émotions, surtout si elle est complètement nunuche).

     

    À partir de là, il faut de l’action. Autrement dit, un évènement effrayant, une situation inextricable genre dragon énervé tous les vingt-huit jours, ogre affamé, attaque de pucerons, méchante fée qui débarque à l’improviste, n’importe quoi à condition que la blonde panique à mort et qu’on la sente perdue d’avance.

     

    Si l’histoire s’arrête là, ça s’appellera un drame. Pour le conte de fée, on a besoin de rajouter d’un héro, un sauveur, un défenseur des pauvres, un champion, un paladin, un avocat, etc. L’idéal est qu’il soit jeune, beau et fringant comme son cheval, le côté intellect n’étant qu’accessoire (d’autant plus qu’il s’agit de sauver une demoiselle en détresse, pas de lui faire la conversation). Bien entendu, ce n'est pas un roman de gare, donc il faut qu’il apparaisse de façon tout à fait inattendue, pour le lecteur comme pour l’héroïne. Un petit coup de baguette magique et hop ! (d’où l’idée de « fée » dans « conte de fée » s’il faut tout expliquer).

     

    Ensuite, le héro fait tout le boulot, chasse le(s) méchant(s) - même pas mal - embarque la gonzesse et se la tape discrètement dans un sous-bois, la phrase typique (et édulcorée) de ce genre narratif étant « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ».

     

     

     

    Question : les contes de fées peuvent-ils encore exister de nos jours ?

     

    Plantons le décor : l’environnement hostile sera un bon gros carrefour desservant deux autoroutes et des zones commerciales avec supermarché un samedi après-midi, et l’endroit plus ou moins agréable on dira que c’est ma vieille voiture au beau milieu.

     

    Le personnage central : là, je reconnais que côté jeune fille en fleur, je ne le fais pas trop mais admettons.

     

    L’action : la voiture qui cale et refuse de redémarrer (paradoxe, c’est de l’inaction qui fait l’action, bien trouvé hein ?). Plein de monde derrière, tous les véhicules de devant partis, warning pour faire joli dans le décor, le feu vert qui finit par repasser au rouge, donc panique totale.

     

    Le héro : un super beau jeune homme, costume sur chemise blanche légèrement ouverte, la trentaine souriante qui toque tout soudain à ma fenêtre (tout à mon démarreur, je ne l’ai pas vu arriver, c’est parfait pour le côté magique) et qui me demande si j’ai des problèmes mécaniques.

     

     

    Réponse (à la première question) : NON ! Parce que, comme une andouille habituée aux facéties de ma fichue voiture, je sais qu’elle finira bien par redémarrer, comme à chaque fois. Donc, un poil énervée à l’idée de bloquer tout le carrefour, je l’envoie bouler en le remerciant et en priant intérieurement que j’ai raison. Et bien sûr, j’avais raison, le moteur s’est remis en route quelques instants après.

     

    Ce n’est que lorsque ma fillotte qui était à côté de moi s’est exclamée dans un soupir très féminin « Qu’est-ce qu’il était beau le mec… » que j’ai réalisé toute l’horreur de la situation : j’ai encore loupé une belle occasion de transformer cette mésaventure en conte de fée avec embarquement dans les sous-bois et tout le tralala !

     

    Je vous le dis : demoiselle en détresse, c’est un métier !

     

    Notes persos

     

    Ce n’est pas une bonne idée d’essayer de liquéfier du miel 20 secondes au micro-onde :

     

    1.    le miel dégouline effectivement mais par le milieu du flacon,

    2.    ça sent le plastique cramé dans la maison.

     

     

    La réussite de l'échec

    Le monde occidental, réel ou virtuel, regorge de conseils en tout genre – généralement payants – pour réussir. Depuis le plus généraliste « Comment réussir sa vie » (en deux versions : quand on est con et pleurnichard ou quand on est surdoué, au choix) jusqu’à « Comment réussir un enterrement de vie de jeune fille » en passant par « Comment réussir un nœud de cravate » ou « Comment réussir à arrêter de fumer », tout est bon.

     

    Franchement, le dictat de la réussite à tout prix me hérisse le poil. Quand en librairie je lis ce titre « Réussir sa vie est facile », dois-je en conclure que je ne suis qu’une imbécile si je n’y parviens pas ? Mettons. Alors, j’achète. Du coup, avant même de lire la première page, j’ai déjà sous les yeux la preuve flagrante que l’auteur a réussi son coup. Et dans le même élan, ça confirme que je ne suis qu’une imbécile.

    Pire, si je suis pas à pas les conseils prodigués dans le bouquin mais que, malgré tout, je n’arrive pas à grand-chose de mieux (ce qui est certainement le résultat le plus probable sinon ça se saurait), je suis bonne pour la neurasthénie, voire le suicide.

    Tiens, là aussi on a droit, notamment sur le net, à une kyrielle de conseils pour bien réussir son suicide (le dernier truc à la mode étant de porter un maillot de Marseille dans la tribune Boulogne – en prime ça permet de passer à la télé – le plus efficace restant un sprint à la Carl Lewis à la vue d’un policier pour peu qu’on soit bronzé, barbu  et encombré d’un gros sac de sport).

     

    Non, je le dis et je l’affirme, les conseils pour réussir ne sont pas vraiment une aide à la réussite en quelque domaine que ce soit et ne font que casser le moral plus vite encore que son propre sentiment de non-réussite.

     

    Rien ne vaut un bon échec pour apprendre. La nature humaine est ainsi faite qu’on se rappellera toujours des erreurs qui font mal, physiquement ou moralement. Un exemple ? Combien de mères s’escriment à ressasser à leur gamin : « Arrête de sauter sur le lit, tu vas tomber ! » ? En terme d’efficacité, ça donne quoi ? Rien, on est d’accord.

    Par contre, une bonne chute, pour peu qu’elle soit agrémentée d’une rencontre fortuite mais brutale avec le coin de la table de nuit, et c’est radical. L’expérience, rien de tel !

     

    D’aucuns objecteront qu’il n’est pas pensable, à l’échelle humaine, de n’apprendre que par ses propres erreurs. Certes. Mais pour beaucoup de situations rencontrées chez les uns et les autres, si elles ont un taux de ratage nettement supérieur à celui de la réussite, elles peuvent presque tout aussi bien marquer les esprits de ceux qui ne sont que spectateurs ou simples auditeurs des récits des malheureux.

    Par exemple, j’ai retenu qu’il n’est pas souhaitable de déplacer sa moto en patins, surtout si la rue est en pente. Je ne sais pas s’il me serait venu à l’idée, un jour, de me mettre dans une telle situation mais je sais d’avance que le risque est grand de voir la paire de savates rester sagement à l’endroit de départ alors que la moto recule…

    C’est grâce au chat que mes enfants ont appris qu’il valait mieux faire attention avant de traverser la route lorsque, durant deux jours entiers, je l’ai laissé à la vue de tous, dans une cagette sur la table de cuisine, avec son œil gauche remonté jusqu’à l’oreille et la mâchoire pendante.

    Et c’est avec les séries du genre Les Experts que tout un chacun apprend patiemment, semaine après semaine et sans bouger de son fauteuil, comment, non pas on débusque un meurtrier ce qui n’intéresse somme toute qu’une toute petite portion de la population se destinant à des fonctions liées à la sécurité, mais les moindres détails auxquels il faut penser pour réussir son petit meurtre perso comme par exemple changer les tapis de sol de la voiture si on y a déposé temporairement un cadavre…

     

    Clamer sa réussite haut et fort gardera toujours un relent de fatuité des plus déplaisants pour l’entourage alors que narrer ses erreurs, ses bévues, ses accidents, ses bourdes, ses fourvoiements, ses maladresses… ou celles des autres, outre une bonne probabilité, selon les cas, de faire réfléchir ou de faire naître un sourire (voire une franche hilarité) de la part de l’auditoire, enrichira considérablement le stock d’expériences de chacun.  

     

     

     

     

    Trouvé sur le blog de Fille Troisième :

     

    Y a des pas doués qui n’ont plus de portable…

    - en s’asseyant violemment dessus (un copain d’école)

    - en le laissant tomber dans la cuvette des WC au moment de tirer la chasse d’eau (ma sœur)

    - en le laissant dans la poche du pantalon qui part à la lessive (mon autre sœur)

    - en le faisant tomber par terre et rouler dessus avec la voiture (la mère d’une copine)

     

    D’autres méthodes ?